Bordeaux fait « ses » primeurs

## Le système des primeurs à cette période n’existe que dans la région bordelaise.

Chaque année, entre fin mars et début avril, les propriétaires des plus grands vins invitent à la dégustation une sélection de clients, qui sont autant d’acheteurs potentiels. La qualité de ces vins, la réputation des millésimes, fait accourir des personnes du monde entier, comme nous l’affirme Phillipe Castèja (Président du Conseil des Grands Crus Classés en 1855) :

« Nous invitons les grands acheteurs et les journalistes qualifiés dans le vin. En faite la grosse majorité ceux sont des étrangers, qui viennent de partout dans le monde. »

Cette grosse majorité risque encore de s’accentuer avec l’arrivée massive de clients chinois qui ne subissent pas la crise mondiale. Il faut rappeler que ces primeurs ont lieu dans un contexte particulier, avec la chute l’an dernier de 40% des ventes de Bordeaux. Pourtant tous les professionnels sont confiants à cause de la qualité du millésime.

Imaginez l’effervescence qui peut exister pour ces fans du bon gout. « Pour le château Batailley cela représente mille personnes par jours, donc au moins 4000 attendus comme chaque année » nous confie encore Phillipe Castèja.

Au milieu des vignes et des châteaux ancestraux les invités peuvent apprécier l’arôme de chaque bouteille. « Pour vous donner une image, cette semaine de primeurs c’est comme un défilé de mode mais pour la haute couture. Nous sommes dans le luxe, et comme pour la mode cela change chaque année, nous présentons le millésime 2010 en ce mois de mars avril 2011. Donc c’est comme après avoir vu un défilé, ils repartent, puis c’est dans les trois mois qui suivent que les commandes vont se faire, entre Pâques et fin juin. »

Pourtant les primeurs ce n’est pas juste passer du bon temps ; au contraire c’est le moment le plus important de l’année, il existe donc une pression pour tous ces professionnels. En effet, à l’issue de cette semaine sera établi le prix de chaque bouteille.

Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, on peut deviner la qualité d’une cuvée sans avoir bu la moindre goutte de vin! Le temps d’ensoleillement, la pluie, le gel sont autant de conditions météo qui ont été excellentes pour cette cuvée 2010.

Après 2009, **« la nature pouvait-elle offrir, l’année suivante, un autre grand millésime à Bordeaux ? »**, s’est interrogé Denis Dubourdieu, directeur de l’Institut des sciences de la vigne et du vin à Bordeaux. A ce stade de la vinification, « les fermentations malolactiques terminées et les projets d’assemblages presque décidés, on peut affirmer que : Oui, certainement, 2010 sera grand et même très grand, en rouge et en blanc », a-t-il affirmé dans un compte-rendu distribué à la presse.

Pourtant il faut rester prudent comme nous le rappelle un courtier en vin : « Les meilleurs millésimes sont parfois en décalés. 1975 était une grande année qui finalement s’est révélée un peu en dessous des prévisions. L’exemple opposé c’est le millésime de 1990 qui s’est très mal vendu et qui s’est révélé admirable. »

Il faut donc attendre encore un peu pour être fixé, la liste des commandes et les prix indiqueront si oui ou non cette cuvée 2010 répond à toutes nos attentes. On comprend alors mieux l’effervescence et l’importance de cette semaine. Cependant, rassurons nous, les experts en vin nous l’ont promis « Avec ce millésime nous allons boire du très bon vin. »

 

mar 22, 2011

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