Conversation vineuse avec mon médecin

## Un de mes amis, fort talentueux et, quoique médecin, intelligent, a développé une passion (très saine) pour le vin.

L’autre matin dans son cabinet où j’étais venu le consulter, il s’émerveillait devant ce miracle qu’il regardait comme à jamais mystérieux : l’extrême diversité des produits de crus souvent, et parfois même pas, séparés par un simple fossé, voire une misérable borne !

Comme il est aussi fin qu’enthousiaste, il a bien compris que le terroir devait compter pour beaucoup dans cette incroyable diversité.

-’ Le terroir n’est pas tout ‘- lui dis-je –‘ il y a aussi l’homme dans cette affaire. Ainsi qu’en médecine les connaissances sont partagées par tous, les protocoles et les remèdes connus mondialement, le matériel universellement disponible. Et pourtant certains obtiennent de meilleurs résultats, accèdent à une plus grande notoriété, offrent des solutions et des chemins différents. ‘-

-‘ Admettons, ‘- concéda-t-il –‘ mais comment se fait-il qu’un vignoble produise aujourd’hui des vins de style très différents d’hier alors qu’il demeure entre les mains de la même personne ? ‘-

Beaucoup de monde se pressait dans sa salle d’attente, il n’y avait plus de temps pour expliquer que les goûts évoluent, pour ne pas dire changent, avec les conditions de vie, que nos parents n’aimeraient pas forcément les vins que nous élaborons maintenant et que nos enfants, n’apprécient guère ceux dont leurs grands-parents étaient fiers.

Ni le loisir de lui laisser à méditer cette vieille plaisanterie juive que je détourne ici pour illustrer le propos (et encore le compliquer !) « deux vignerons : trois vins différents »…*

*proverbe juif : « Deux juifs : trois opinions »

 
Post by admin

Comments are closed.