Des vins « Seyssuel » aux noms latins.

## Quelques vignerons astucieux et courageux ont ressuscité à Seyssuel (Isère 2.000 habitants, 9,750 kilomètres carrés), un vignoble confidentiel oublié depuis l’occupation romaine mais assis sur des terrasses dignes d’intérêt.

Ils produisent maintenant des vins rouges (syrah) et un vin blanc (viognier) qui suscitent plus que de la curiosité, un véritable engouement.

Actuellement il s’agit de vins « IGP Collines Rhodaniennes ». L’ambition de nos entreprenants collègues les pousse à viser l’appellation contrôlée « Seyssuel ». Les trois cuvées qui ont retenu mon attention, portent des noms latins, « Sotanum », « Heluicum », et « Taburnum ».

Ici je voudrais ouvrir une parenthèse afin de dissiper par avance toute possibilité de malentendu : je ne suis ni raciste, ni snob, ni supérieur, ni méprisant, le virus du parisianisme ne m’a pas encore saisi et je ne nourris aucun ressentiment vis à vis de gens qui ont occupé notre pays il y a quelques 1.500 ans d’autant qu’ils nous ont précisément fait ce cadeau royal, la vigne et le vin, mais vous ne trouvez pas que tous ces noms latins même s’ils ont été cités par Pline, ça n’est pas un peu « too much » ?

Je me mets à la place de bon nombre de consommateurs bataves, scandinaves ou simplement anglo-saxons qui éprouvent la plus grande difficulté à prononcer les « u » pour parier qu’au moment de commander ils ne prendront pas le risque de ne pas trouver le ton juste et de passer pour des béotiens.

Mais alors je me permettrai d’aviser vigoureusement nos admirateurs de Pline (au fait l’Ancien ou le Jeune ?) d’éviter coûte que coûte l’appellation Seyssuel. Outre la certitude que ce nom est rigoureusement imprononçable dans toutes les langues, « avé l’assent » de la Cannebière « sessuel » risque d’introduire une regrettable confusion sur la véritable nature de nos addictions..

 
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