Dialogue autour de la \ »magie\ » du Terroir

#### Le monde viticole est partagé entre tenants du TERROIR et les autres. Depuis Gaston Phoebus nous autres franchouillards défendons bec et ongles le terroir.. On s’est déjà fait piquer nos cépages et on a généreusement dispensé notre savoir-faire mais le terroir personne n’arrivera à le chouraver. Cocorico…

Figurez-vous que les australiens et autres californiens ça les énerve pas mal cette affaire de terroir et s’ils trouvent une occasion d’introduire le doute quant à la justification de cette notion, ils se jettent dessus comme la misère sur les héros de Slumdog Millionaire.

Pas plus tard qu’hier j’ai eu une discussion périlleuse pour la paix des nations avec Bob Knowitall le « vinificateur-itinérant » (travelling winemaker qu’ils disent dans leur jargon inutile) ce phénomène du vin parfait international.

-‘ Voyons,’- me dit-il narquois,-‘ comment pouvez-vous soutenir une seconde que telle ou telle composition de sol et de sous-sol justifierait le caractère unique et incomparable d’un cru quand dans le même temps vous acceptez sans état d’âme que le domaine Machin-Truc figurant au top du palmarès mondial, arrondisse son exploitation en acquérant les vignes inavouables de Népomucène Dubois, vigneron sympathique certes mais dont la production obscure et sans grade n’a jamais fait une ligne dans les dégustations ?’-

Il triomphait déjà, mais je tenais ma réponse prête pour lui river son clou : -‘ Bob, ceci n’est possible qu’à l’intérieur de la même appellation, donc du même terroir. Vous le savez bien.’-

Knowitall n’est pas un perdreau de l’année, c’est un coriace. Goguenard il poursuivit :

-‘ Si je vous comprends bien, par un coup de baguette magique (drôle de façon de qualifier l’intervention d’un notaire et d’un tas respectable de millions) vous transformez X hectares sans qualité reconnue en nectar prestigieux ? Vous admettez donc que le terroir n’existe pas vraiment et que seul le winemaker peut transformer le vil plomb en métal précieux et qu’un vin issu de vignes qui peinaient à trouver 6 euros la bouteille sur le marché, revendique 150 euros la bouteille à partir de l’instant où je signerai l’étiquette…’-

Du tac au tac je m’en suis sorti –‘ Vos honoraires sont si élevés , Bob , qu’au dessous de 150 euros la bouteille n’importe qui perdrait sa chemise, voilà la vérité, et ça n’a rien à voir avec autre chose que le snobisme qui entoure votre nom’-.

J’avais voulu avoir le dernier mot, d’accord. N’empêche, depuis cette conversation, malgré moi, je reste songeur.

 
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One Response to Dialogue autour de la \ »magie\ » du Terroir

  1. bob

    le prochain billet doit traiter du pouvoir de la marque! bien entendu que c est dégueulasse pour le viticulteur qui ne vend pas à 6 eur la quille de voir le produit de son terroir mieux valorisé sous une étiquette plus prestigieuse. Morale : faut se mettre au boulot pour valoriser sa marque!

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