Etude : Oenologues VS commun des mortels

On apprend donc, grâce au site dédié à la science [www.maxisciences.com](http://www.maxisciences.com  »mxi ») qui reprend cette étude anglo-saxonne, que les experts de la dégustation de vin auraient des capacités, dans ce domaine, supérieures aux consommateurs.

Enorme n’est ce pas ?

### Quand la science repousse les limites du bon sens…

Un œnologue serait donc scientifiquement plus apte à déceler les subtilités et les caractéristiques d’un vin que ce cher Mr Lambda.

Mais l’étude ne s’arrête pas là, et devient notamment intéressante dans le parti pris de sa conclusion.

Après avoir confronté expert et « commun des mortels » sur la reconnaissance de caractéristiques telles que l’acidité, la douceur, le fruité… d’un vin, l’étude montre que ces derniers passent souvent à coté de ces notions.

En gros Marcel mon beau-frère aime les Châteauneuf du Pape mais il ne sait pas pourquoi.

### Des conseils inadaptés aux consommateurs

Mr John Hayes directeur du Centre d’évaluation sensorielle de l’Université de Pennsylvanie va plus loin en déduisant que si les œnologues et autres experts ont des palais trop développés alors ils ne seraient pas les mieux placés pour conseiller les consommateurs.

« Nous avons constaté que la capacité gustative fondamentale des experts est spéciale. Et, si cette capacité est différente de celle du reste d’entre nous, devons-nous être à l’écoute de leurs recommandations ? »

Remettant en cause en quelque sorte l’essence de la profession, Mr Hayes scinde grossièrement en deux les experts d’un coté et les consommateurs aux papilles moins déliées de l’autre avec en plus l’idée que les conseils des uns ne soient pas adaptés aux capacités des autres.

Comme si l’on disait que les conseils de lecture d’un professeur de littérature n’étaient pas valables sur des personnes non initiées aux subtilités de la langue.

### Trop élitiste pour nous les œnologues ?

C’est ce que semble insinuer cette étude mais d’une manière des plus étranges puisque leur explication réside principalement dans la génétique.

« Tout comme les gens peuvent être daltoniens, ils peuvent aussi être aveugles à la dégustation. Ce n’est pas seulement de l’apprentissage : les experts semblent différer au niveau biologique. »

### Le vin : inné ou acquis ?

Si l’on peut s’entendre pour dire que les capacités sensorielles de chacun peuvent varier, il n’en reste qu’en matière de vin rien n’est inné. La compréhension totale d’un vin, si tant est que l’on puisse l’atteindre, résulte d’un long apprentissage, de nombreuses dégustations, comparaisons… mais en aucun cas d’un super pouvoir donné à la naissance.
Comme l’art le vin est plus subtil et n’est pas simplement régie par des règles et des codes de perception. Bien sur il existe des spécialistes et des règles basiques de dégustation, mais en aucun cas ils détiennent un savoir absolu.

Car il y a une chose essentielle qui ne rentre pas en compte dans cette étude, c’est l’émotion. L’émotion que l’on ressent un ouvrant puis en dégustant un vin.

Il y a aussi d’autres facteurs qui rentrent en compte lors de cette dégustation : le verre, le lieu, l’humeur, la compagnie et les gens que l’on a autour de soi, la musique, l’ambiance, l’heure… tout ces facteurs influent sur nos perceptions et le jugement que l’on donne à un vin.

Des études même scientifiques ne peuvent expliquer cela…

_Illustration : Marko_

 

mar 12, 2012

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