Faut-il légiférer le climat ?

## Nous avons vraiment de la chance : dans notre pays il y a des gens qui pensent. Et qui pensent souvent pour nous.

Parlons de ce que nous connaissons, l’agriculture, le vin. Et bien, vous admettrez qu’on n’a pas ménagé les efforts pour nous amener sur les bons chemins.

D’abord on nous a expliqué que nous étions entrés dans un processus infernal et mortifère, que plus de produits chimiques commandait l’emploi d’une quantité toujours plus grande de molécules qui, pour être efficaces, devenaient létales.
Nous devions être éclairés. On a bien eu raison de le faire.

Ensuite pour nous consoler de l’abandon de pratiques certes condamnables mais néanmoins commodes, on nous a vanté les mérites et les bénéfices du « bio » et vivement encouragés à adopter les protocoles qui mènent sur la voie d’une viticulture respectueuse de l’environnement et de notre santé. Nous devions être convaincus.

C’était exactement le discours qu’on devait nous tenir.

Enfin pour être assuré que ces leçons seraient bien comprises mais surtout parfaitement suivies, on a préféré ne pas prendre de risques et légiféré à la française, c’est à dire avec une précision maniaque et exhaustive : moins de ceci et plus du tout de cela, s’il vous plaît. Et au cas où ces dispositions ne vous plairaient pas, messieurs et dames, on a tout prévu : vous serez punis, voilà.

Excellente précaution : il ne suffit pas de montrer le chemin, encore faut-il ramener les brebis d’avance égarées.

On avait raison sur tout et on avait tout prévu. SAUF que nous serions punis quoique nous fassions, comme les résultats pénalisants des derniers rendements l’ont tristement démontré.

On vient de s’apercevoir qu’on avait probablement négligé un facteur qui s’était fait si discret au cours des dernières décennies qu’on le tenait pour négligeable et relevant d’un passé lointain, révolu, pour ainsi dire ridicule : LE CLIMAT !

Certains signes laisseraient penser que les conditions climatiques voudraient nous rappeler que les saisons, l’alternance harmonieuse de l’ensoleillement et des précipitations, ne se décrètent pas. Les cycles anormalement doux et humides ne relèvent pas du fantasme, nous en avons déjà connus et il existe des statistiques pour le prouver.

On pourrait, mais ceci n’est bien sûr qu’une suggestion, peut-être penser à réviser des règles de production dont les normes ont probablement été votées un peu hâtivement et légèrement par des acteurs sans mémoire ou portés à croire que la nature serait à leurs ordres.

Faute de quoi nous pourrions bien avoir du mal à sauver nos récoltes.

Il n’est pas absolument sûr que ce souhait soit finalement entendu. Il existe un mal très français : le déni de réalité.

 
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