Il était une fois le pot-de-vin

## Notre actualité nous rappelle combien la politique et le vin sont intimement liés.

A la manière du dessin animé, Il était une fois la vie, on pourrait revisiter la belle histoire.
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Déjà en 1888, le Président Jules Grévy avait dû démissionner car son gendre idéal, Daniel Wilson, échangeait la Légion d’Honneur contre des pots-de-vin.
Quatre ans plus tard, patatras, une large tripotée de parlementaires sont corrompus pour voter des emprunts en vue de la construction du canal de Panama alors que les rapports d’ingénieurs annonçaient la faillite du projet. Les pots-de-vin furent copieux mais très peu de parlementaires trinquèrent au terme du fameux Scandale de Panama. De non-lieux en élimination de preuves – et de témoins, la plupart des éléphants du Régime dont Clemenceau échapperont à la justice. Formidable.

Et puis vint dans les 1920 Marthe Hanau, sorte de journaliste économique chargée de prodiguer des conseils aux petits épargnants. Elle mena nombre de ces derniers à la ruine et au suicide mais elle étouffa longtemps l’affaire en flattant la classe politique avec des pots-de-vin. Encore eux. Le Cartel des gauches ne s’en remit pas. A la même époque, protégé par des politiques alimentés en pots-de-vin, le banquier Oustric poussa à son paroxysme la spéculation boursière. La banqueroute fit grand bruit. C’est rarement le système qui est pourri, c’est le plus souvent l’être humain qui le gangrène au fil du temps. La République est un beau projet mais les politiques, petit à petit, ont usé de toutes ses failles. Quand le vin est bon…

Encore plus fort, les années 30 seront celles de Stavisky, ce bellâtre malin comme un singe, escroc de génie, avait inventé un système émettant de faux bons du trésor. Connaissant les faiblesses de chacun, Stavisky avait tissé un solide réseau de journalistes, de policiers, de juristes et de politiques ivres de pots-de-vin. Ça démissionna fissa.
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Comme les scandales politico-financiers reviennent aussi souvent qu’un vol de cigognes, nous passons sur le trafic des piastres, sur l’affaire de Vathaire, des diamants de Bokassa jusqu’à Tapie, Takieddine et Cahuzac sans quoi ce n’est plus une chronique qu’il faudrait écrire mais une encyclopédie. Pensons à ce malheureux Jean-Louis Borloo qui, en 2002, oublia sa veste à Matignon. Il fallut savoir à qui elle était. On découvrit 4500 euros en liquide. L’intéressé fut le premier surpris, sans doute a-t-on glissé dans sa poche intérieure ce pot-de-vin dans le but de perdre le Ministre de la Ville ?

Le pot-de-vin serait-il humain ? « Car pourquoi prenons-nous des pots-de-vin, sinon pour donner à nos femmes des châles, des paniers et autres fanfreluches dont j’ignore le nom », écrivait Gogol.

Vu comme ça. Au fond, ce sont alors les vignerons qui ont le pouvoir ! Comme les entreprises de BTP ne se cachent pas d’allumer les élus, les viticulteurs devraient y aller du Colissimo pour rallier à sa cause une classe politique dont l’histoire montre qu’elle meurt de soif.

#### Erza Pound

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juil 09, 2013

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