Le Champagne rosé de sortie pour l’été

## Le rosé est en vogue et le Champagne n’échappe pas à cette mode.
Aujourd’hui, le champagne rosé représente 6% de la production champenoise.

Le Champagne possède un processus de production très spécifique qui comporte plusieurs étapes.

La première fermentation ou fermentation alcoolique permet aux levures contenues sur la peau des raisins d’agir sur le sucre contenu dans le jus et de transformer ce sucre en alcool et en gaz. On obtient alors des « vins clairs » à 11% d’alcool environ.

L’assemblage consiste à mélanger ces vins provenant de différents cépages et parfois même d’années différentes dans le but de créer un vin supérieur à la somme des vins de base. C’est à ce moment-là que la décision de produire du Champagne rosé intervient.

**Le Champagne est la seule appellation en France où il est possible de mélanger du rouge et du blanc pour obtenir un rosé.**

C’est principalement cette méthode qui est employée: au moment de l’assemblage, 5% à 10% de vin rouge tranquille sont ajoutés.

Une deuxième technique est possible, celle de la macération ou de la saignée. Le principe est de faire macérer les jus clairs dans les peaux de raisin rouge de l’appellation. C’est alors la même technique que pour la fabrication du vin rosé tranquille.

La suite de l’élaboration est ensuite la même que celle du Champagne. L’assemblage obtenu est embouteillé (tiré) et on y ajoute une liqueur de tirage composé entre autres de levures qui vont provoquer une deuxième fermentation. Seulement cette fois-ci la bouteille est fermé, le dioxyde de carbone issu de cette deuxième fermentation restera donc dans la bouteille. Voilà d’où viennent les bulles du Champagne.

Les bouteilles seront stockées pendant un minimum de 15 mois dont 12 mois sur lies pour les Champagne non millésimés et un minimum de 3 ans pour un Champagne millésimé. On appelle ce vieillissement un vieillissement sur lies car les levures qui se sont multipliées dans les bouteilles meurent progressivement et se déposent au fond, formant ainsi un dépôt qu’on appelle les lies.

Les bouteilles sont ensuite positionnées « sur pointe », la tête en bas, et sont tournées sur la droite et sur la gauche progressivement afin de faire tomber les lies dans le goulot. Une fois bien tombées dans le goulot, les lies sont évacuées lors du dégorgement.

Le goulot est trempé dans un liquide à -25°C, ce qui gèle les lies. La bouteille est ensuite ouverte pendant quelques secondes, ce qui permet à la pression d’éliminer le bouchon de glace. La bouteille reçoit ensuite un dosage, qui est majoritairement du sucre dissous dans du vin afin d’arrondir le vin qui ne possède plus de sucre.

Le bouchon final est ensuite positionné sur la bouteille, celle-ci est agitée pour assurer l’homogénéité du vin. Un dernier contrôle visuel permet d’apprécier la limpidité du Champagne puis la bouteille sera placée en cave pendant quelques mois avant la commercialisation.

**Les trois cépages principaux du Champagne sont le pinot noir, le pinot meunier et le chardonnay.**

Le Champagne rosé connaît un réel succès depuis quelques années. Ce sont par exemple les seuls Champagne à avoir vu leur part de marché augmenter en 2009 et en 2010. Plus frais, parfait pour l’apéritif, surtout en été, sur une viande blanche ou avec un dessert fruité, sa couleur et ses arômes de fruits rouges sont de plus en plus nombreux à attirer des adeptes. Certains médisants, et souvent de grands connaisseurs de vins ont longtemps dénigré le Champagne rosé « trop cher par rapport à une bonne bouteille de rouge », « trop poussé par le marketing »…

Bien évidemment, les producteurs de ce Champagne rosé, même s’ils reconnaissent que celui-ci est plus cher que les autres Champagne, ne sont pas d’accord. Pierre-Emmanuel Taittinger le souligne: « Le Champagne rosé n’est plus un phénomène de mode. », déclare Pierre-Emmanuel Taittinger . Paul-François Vranken, président des Champagnes Pommery renchérit en affirmant que « le rosé a cassé les codes, a jamais et pour toujours. »

Il y a les incontournables qui ont depuis longtemps une cuvée de Champagne rosé, comme Veuve Clicquot qui en produit depuis 1804. Certains prestigieux producteurs, comme Ruinart ou Pommery ont toujours gardé une part non négligeable de leur activité dans la production de Champagne rosé. D’autres se sont lancés assez récemment, espérant profiter de cette mode qui semble ne plus en être une.

#### Petite sélection raisonnable avant l’été…

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**Champagne Malard (23 euros environ)**

Ce Champagne à la robe rose aux reflets cuivrés révèle, au nez, des arômes de framboise et de mûre sauvage. En bouche, ces arômes de fruits rouges sont complétés par des nuances chocolatées et des parfums de fruits secs. Il se mariera très bien à l’apéritif, sur des viandes blanches ou rosées, des poissons grillés, des crustacés et des fromages doux..

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**Demoiselles de Vranken (29 euros environ)**

Ce Champagne attire l’œil tout de suite avec ses couleurs rose et saumon très vives. Au nez, les fruits rouges sont très présents notamment la framboise et la fraise des bois. Ce Champagne vineux et frais donne est assez léger. Il accompagnera très bien un poisson ou un dessert de fruits rouges, une mousse ou une charlotte.

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**Besserat de Bellefon Cuvée des Moines (35 euros environ)**

Une robe rose tendre, des reflets saumonés, un nez généreux et intense marqué par les fruits rouges : ce Champagne sera idéal avec des desserts aux fruits rouges, des choux ou des brioches. Mais ses notes de tilleul, d’aubépine et sa finale finement épicée en feront aussi un Champagne surprenant sur des plats sucré/salé.

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**Champagne Henriot Rosé (35 euros environ)**

La teinte de ce Champagne est rose saumonée avec des reflets cuivrés. Le nez est intense avec des notes de petits fruits rouges et d’agrumes fraîchement pressés comme le pamplemousse rose et la mandarine. On retrouve aussi de légères fragrances végétales, des senteurs florales (giroflée, iris) et des notes minérales. La bouche offre de la fraîcheur, de la persistance et quelques arômes épicés pour une finale fraîche. Ce vin pourra accompagner les crustacés (cuisinés en sucré/salé par exemple), la volaille ainsi que les desserts aux fruits rouges.

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**Bruno Paillard Rosé Première Cuvée (38 euros environ)**

La robe est un mélange d’or, de rosé et de cuivré qui se rapprochera du saumon en vieillissant. Au nez, après les arômes de fruits rouges acidulés, il évolue vers des notes de griotte, de fraise des bois et de violette. En bouche, il est frais et assez long, sans pour autant être lourd. Ce vin est idéal pour un repas au Champagne durant lequel il se mariera très bien avec les volailles ou le fromage.

Pour finir, le Champagne rosé, ce n’est pas que dans une flûte! Retrouvez[ ici](http://www.intothewine.fr/magazine/recettes/tiramisu-au-champagne-rose  »tiramisu au Champagne rosé ») la recette du tiramisu au Champagne rosé.

 

juin 03, 2011

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