Le Club des Amis du Vin : quand le vin s’invite aux Mines de Paris…

## Cette semaine, c’est l’association d’œnologie des Mines de Paris que l’on découvre dans le cadre d’une dégustation qui s’est déroulée au sein de l’école.

L’école des Mines de Paris, fondée en 1783, est une des plus prestigieuses écoles d’ingénieurs située dans le centre de Paris à côté du Jardin du Luxembourg.

Le Château Suduiraut s’est déplacé pour venir animer une dégustation dans une petite salle des Mines. Ils sont 36 étudiants à écouter avec attention les explications. La dégustation commence par une petite explication technique soutenue par des slides. Assez vite, les questions arrivent et, école d’ingénieurs oblige, certains vont même jusqu’à se renseigner sur l’évolution du glycérol. Le représentant du Château prend le temps de répondre avec justesse à chaque question.

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Un voyage au cœur du Sauternes s’amorce ensuite. La dégustation commence par S de Suduiraut 2009, un blanc sec. Le but est de se mettre en bouche et de montrer le terroir du Sauternes de manière différente. Le vin est généreux, riche, puissant et gras avec une fin de bouche un peu amère et très minérale. La dégustation des liquoreux commence ensuite. Les étudiants, plutôt impatients, goûtent les uns après les autres différents millésimes de Château Suduiraut : 2007, 1999, 1989 puis 1975.

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La comparaison entre les différents millésimes est intéressante, et quelques étudiants osent assez facilement exprimer leur avis. On comprend vite qu’il n’y a pas que des novices dans la salle. Les commentaires sont accompagnés de suggestions d’accords mets et vins plutôt inattendus : le 2007 peut se marier en apéritif avec du piment, du salée ou avec des crustacés aux épices. Quant au 1999, plus besoin d’épices, avec des crustacés poêlés, ce serait une merveille. Le 1989 et le 1975 étonnent beaucoup, leur robe ambré et leur arôme de caramel casse l’image traditionnelle du Sauternes.

Les réactions fusent dans la salle, au grand bonheur du représentant du Château, passionné, qui semble avoir réussi sa mission de redorer le blason du Sauternes dont l’image de vin très voire trop sucré et lourd le cantonne souvent au foie gras.

C’est ensuite autour d’un buffet offert avec les restes des bouteilles de la dégustation que l’on retrouve le président du Club des Amis du Vin. Au milieu des tartes au citron, à la framboise, du roquefort et du gorgonzola, difficile d’intercepter Jean Lafleur, étudiant en 2ème année et président du Club des Amis du Vin, qui discute vin avec des amis de Sciences-Po et de l’Ecole Normale Supérieure venus pour la dégustation.

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Jean Lafleur est plutôt satisfait de cette dégustation mais souligne que c’est assez inhabituel qu’il y ait autant de monde. Ils sont 5 dans l’association et 25 cotisants. « C’est le noyau dur du Club des Amis du Vin », précise-t-il. Il est en effet arrivé qu’ils soient 10 pour certaines dégustations. Avec presque un événement par semaine, l’association est pourtant très vivante.

Pourquoi le vin ? Jean Lafleur l’avoue, « Jusqu’à l’an dernier, je ne savais pas différencier un Bourgogne d’un Bordeaux et pour moi un cépage était une région… ». En fin de première année, après avoir assisté à une réunion, il s’était dit que faire parti de l’association serait l’occasion de « boire un coup ». Mais très vite, il s’est aperçu que si lui ne devenait pas président, personne ne le ferait.

Déjà investi dans beaucoup d’association, il a d’abord hésité. Il s’est tout de même lancé en tant que président de l’association d’œnologie, en espérant qu’on l’aide.

Pari réussi puisque l’équipe semble dynamique et ils sont mêmes en train de tout ranger pendant que Jean Lafleur répond aux questions.

**Les dégustations organisées sur l’année sont très différentes**

Dans les dégustations de cette année, on retrouve du Sauternes, du Bordeaux (Brane-Cantenac, Phélan-Ségur), le Champagne Pol Roger, du Bourgogne (Faiveley)…Mais aussi du Cognac, du Calva et de la Chartreuse. « Cela nous a vraiment plus de pouvoir proposer des dégustations assez originales », ajoute le président du CAV.

Au sein des Mines, ce sont seulement des dégustations qu’ils organisent mais entre eux, ils font volontiers des petits séjours œnologiques. Vendredi, ils partent en Bourgogne avec un programme bien chargé : Gevrey-Chambertin, Bouchard, Vosne-Romanée… Sans doute une occasion de s’exercer le palais avant de se rendre, samedi, au défi de Bacchus, un concours de dégustation à l’aveugle pour étudiants amateurs et passionnés.

«On ne gagne jamais lors de ces concours mais c’est l’occasion de bien s’amuser et puis on a quand même droit à quelques bouteilles sympas et au cocktail ! ». Le tout est de ne pas casser les dites bouteilles, malheureux sort qu’on eues les bouteilles de Champagne Bollinger gagnées suite au Sciences-Po International Tasting, un autre concours de dégustation étudiant dont la finale a eu lieu fin avril. Les étudiants du CAV avaient alors pu se mesurer à ceux d’Oxford, Cambridge ou encore l’ESSEC.

**Ces concours font l’objet d’une sérieuse préparation.**

« On s’entraîne environ 6 fois avant d’aller au concours. On prend des bouteilles de notre cave. » L’association dispose d’une cave d’environ 250 bouteilles au sein de l’école, l’occasion de s’entraîner mais aussi de les partager avec d’autres écoles. « Cette année a eu lieu le premier dîner inter-association d’œnologie avec entres autres l’ENS et Sciences-Po. », confie Jean Lafleur. Et ne sous-estimez pas les caves de ces associations ! « Pour l’occasion, on avait apporté du Lynch-Bages 1996, les autres avaient apporté par exemple du Château Carbonnieux blanc 1998 et un Tokay Pinot Gris vendanges tardives 1997. »

Pour finir, quand on lui demande ses vins préférés, on constate vite que pour quelqu’un qui savait à peine il y a un an ce qu’était un cépage, Jean Lafleur a fait du chemin. Il pense d’abord aux vins de Bordeaux et plus précisément aux Sauternes et aux Margaux (le Brane-Cantenac 2003 qu’il a pu déguster cette année par exemple) qu’il trouve plus fruités et équilibrés que les autres appellations. Il avoue tout de même qu’un Pauillac sur une belle viande est un de ses petits plaisir. Mais il aime aussi les blancs et notamment les vins de Bourgogne et ceux de Pessac-Léognan. Et pour la fin du repas, un bon coup de Génépi.

 

mai 18, 2011

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