Le millésime 2012 en Champagne : 1ères impressions de Charles Philipponnat

## On continue notre petit tour des appellations françaises en s’intéressant à la Champagne et à son millésime 2012.

Charles Philipponnat, Président Directeur Général du Champagne Philippollat et du Clos des Goisses nous livre ses premières impressions sur ce nouveau millésime.

### Premières impressions :

 »Chez Philipponnat les vendanges viennent de s’achever (lundi 24 septembre). Elles avaient commencé le 13, s’étaient interrompues le 15 pour reprendre le 18 afin de rechercher la maturité idéale.
Les gelées d’hiver, de printemps, le froid subi juste après la floraison et la coulure qui s’en est suivie ont eu raison des espoirs d’une belle récolte en quantité.

L’humidité de juillet nous a donné beaucoup de travail, surtout pour le désherbage des sols (entièrement mécanique désormais : au tracteur équipé d’ « interceps », au cheval de trait et même à la sarclette manuelle dans les pentes ardues du Clos des Goisses).

Le mildiou a encore fait sécher quelques grappes, mais le feuillage a été protégé et est resté bien vert, assurant une bonne photosynthèse. Le rendement n’atteint que 6 à 7000 kilos/hectare (30 à 35 hl/ha en cuvée, seule fraction du pressurage utilisée chez Philipponnat).

En revanche, la qualité est au rendez-vous, particulièrement dans les pinots noirs, où la grande richesse en sucre (de 11°5 à plus de 12°), plus haute qu’en 1976, 2000 ou 2003, est associée à une acidité très satisfaisante, et plus agréable qu’en 1996. La proportion élevée d’acide malique permettra de conserver une belle fraîcheur, sans excès.

Cela est à mettre au crédit d’un mois d’août exceptionnellement sec et à 3 semaines de septembre également sèches, aux nuits froides.

### Le dicton est vérifié : août fait le moût.

Originalité du millésime, le Clos des Goisses est un peu moins mûr qu’Ay (base de la cuvée 1522), car le rendement y est un peu meilleur, ce terroir très chaud ayant fleuri avant la vague de froid de juin. Les moûts sont clairs, peu ou pas oxydatifs, et présentent déjà une belle qualité aromatique. Les meilleurs fermentent déjà en fûts de bois. Cela promet de la pureté et de la longévité.

Tout sera à confirmer dans quelques semaines à la dégustation des vins clairs, mais d’ores et déjà, ce que nous voyons se situe entre 2002 et 1959, grands millésimes s’il en fut en Champagne. »

_(Septembre 2012)_

 

mar 14, 2013

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