Le ver serait déjà dans le fruit mais pas encore dans le verre…

J’avais annoncé le grand retour des sorciers ( cf. mon billet n°9 [La science des superstitions dans le monde viticole](http://www.intothewine.fr/magazine/le-billet-de-dyonisos/billet-de-dyonisos-la-science-des-superstitions-dans-le-monde-viticole  »La science des superstitions dans le monde »).) eh bien, nous voyons qu’ils sont véritablement aux manettes à en juger par un article du Figaro de cette semaine publiant un classement des grands crus de Bordeaux basé sur la seule dégustation du millésime 2005.

Non contents de déboulonner ( c’est toujours amusant, n’est-ce pas) les icônes du classement de 1855, nos modernes briseurs de statues se réclament, afin de justifier leur jugement pour le moins surprenant, d’une méthode qualifiée de scientifique censée garantir l’impartialité de leurs choix.

En vain l’auteur de l’article s’évertue-t-il ensuite à relativiser le poids de ce téméraire nouveau palmarès en développant tous les arguments propres à en démontrer l’inanité. Sans craindre de s’apporter à lui-même la plus vigoureuse contradiction, il remarque dans la foulée que dans quelques années les amateurs guideront leur sélection en utilisant cet outil de référence. Si toutefois il subsiste encore quelques bouteilles disponibles de cet excellent millésime….

Là, la tête me tourne. Récapitulons : le classement issu de cette dégustation a-t-il un sens ?

Si non, pourquoi penser qu’on pourrait s’y référer ? Si oui, comment ? Puisque l’auteur doute que l’objet de toute cette encre gaspillée (le millésime 2005) soit encore accessible à la dégustation à ce moment-là.

A moins que cet article soit une subtile façon de nous alerter que le ver serait déjà dans le fruit mais pas encore dans le verre.

 
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