LETTRE OUVERTE A M PIERRE LELOUCHE SECRETAIRE D’ETAT AU COMMERCE EXTERIEUR

Monsieur le Ministre,

La filière vin et cognac représente à elle seule 63% des 908 millions d’euros des produits alimentaires français exportés en Chine. Vous vous en réjouissez officiellement et nous aussi. Vous aimeriez, dites-vous, que les produits alimentaires solides affichent le même dynamisme et vous leur citez en modèle les producteurs de vins. Cette reconnaissance nous va, bien sûr, droit au cœur et nous vous en remercions.

Toutefois pensez-vous que nos producteurs pourront encore très longtemps garder leur crédi-bilité sur les marchés extérieurs quand sur notre marché intérieur des groupes hystériques les traitent quotidiennement « d’alcooliers » (néologisme épouvantable néanmoins très efficace) et responsables de l’alcoolisme, suscitent de pseudo études scientifiques ( financées par les taxes prélevées sur nos produits) pour essayer de prouver la nocivité de nos vins et réclamer une consommation zéro… ?

Sachez que nos concurrents de l’Ancien et du Nouveau Mondes profitent de cette incroyable schizophrénie française pour nous tailler des croupières sur nos parts de marché un peu par-tout.

Ne croyez-vous pas également qu’il serait temps de mettre un terme à la multiplication des brimades administratives dont notre filière fait l’objet ? Un viticulteur n’est pas une multina-tionale, c’est un artisan de talent qui ne peut exercer son délicat métier s’il est enseveli sous les déclarations, tenues de registres toujours plus nombreux et vérifications tatillonnes d’affi-chages surréalistes ( je pense aux plans des sorties de secours quand il s’agit d’un local res-treint muni de deux portes…) ?

Nous comptons sur vous, Monsieur le Ministre , pour éclairer le jugement de vos collègues du Travail et de la Santé Publique et écouter les propos raisonnables de ceux qui ont à vous dire des choses intelligentes sur le sujet comme Vin & Société, par exemple.

Finalement, la recette pour conforter les succès de notre filière est simple : pourrait-on arrêter de nous tirer des balles dans les pieds ? Je vous jure que nous pourrions alors courir encore plus vite.

Je suis et reste, Monsieur le Ministre, votre dévoué, fidèle et enthousiaste exportateur de vin français qui aimerait bien que les bonnes paroles soient suivies d’effet.

DYONISOS

 
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