Unis par les vins sacrés du mariage !

Dans la check-list d’une union réussie ne compte pas seulement la case « jolie robe » ou « bon mari ». Les vins, aussi, sont à la noce. Au sens propre comme au figuré…

Ils furent heureux et eurent beaucoup de petits bouchons… Oui, chers lecteurs, il est bien question de mariage aujourd’hui ! La saison bat son plein. Tous les Chouchou et Loulou de mon entourage se passent la bague au doigt comme d’autres, fashion addicts de mon acabit, usent leur carte bancaire en cette période de soldes. Ne soyons donc pas égoïstes, ni superficiels. L’heure est au partage. Le mariage, c’est une institution. Le plus beau jour du reste de deux vies et la preuve, régressive, que les histoires de prince et de princesse ne sont pas écrites que pour les enfants. Ceci dit, cette BA idéologique accomplie, je lève à présent le voile (de la mariée) sur les coulisses d’un tel événement. Car le mariage c’est aussi du lourd… Du très lourd même, comme tout business qui se respecte.

Et ils boivent quoi les invités ?


Prenez le choix des vins. Grosse responsabilité et gros budget : quoi boire, quel accord mets / vins, combien ? La piste est savonneuse. Faut que les mariés s’accordent, puis les mariés avec leur famille respective. Une vraie course d’obstacles qui prend des allures de marathon : « Euh, tata Huguette, tu veux vraiment venir avec ton pichet de rosé d’Anjou ?… » Pas sûr que la sélection soit au goût de nos inséparables… Entre déclencher un règlement de compte à OK Corral-sur-Sioule ou demander sa réincarnation en Julien Courbet, une Loulou de ma connaissance ne savait plus à quels vins se vouer. Alors elle a goûté. Déjà peu portée sur le raisin en particulier et sur l’alcool en général, la voilà donc partie jouer le remake d’Ascenseur pour l’éthylo sous la direction d’un traiteur qui lui fait le coup du balto : « Alors, il est où le bordeaux ?… Là ? Ooooh, dommage… Allez, on retente sa chance. La prochaine fois, c’est la bonne ! »

Quand on aime, on ne compte pas ?


Pour sûr, à tous les coups il gagne le bougre ! Car le romantisme a un prix, n’en déplaise aux exécuteurs testamentaires de Barbara Cartland. Savez-vous seulement que la facture d’un mariage atteint en moyenne 11 800 euros (Source : Insee, 2008) et que les boissons représentent environ 1/10e de ce montant ? Alors oui, tout le monde rêve d’une noce à la William et Kate. Mais non, tout le monde n’a pas la chance d’avoir Charles et Camilla pour chaperons. Là je parle de la tirelire, hein, pas des oreilles, ni du brushing… Heureusement pour ma Loulou, le champagne n’a plus le monopole des pièces montées. La Rolls de la chantilly se fait gratter par ceux qu’on prenait depuis longtemps, et très injustement, pour des Dacia de la bulle : crémant ou moscato d’Asti notamment.

Quelques bouteilles dans une mer de promotions

Qu’on se le dise, le droit au bonheur s’acquitte d’un droit de bouchon. Mais, que ma Loulou se rassure, il s’achète aussi en promo auprès des VRP de l’«ultra-bride» qui misent sur la fraîcheur des tendances et les prix de gros : «On s’oc-cu-pe de tout ! Ne vous oc-cu-pez que de vous !» Une vraie criée, l’iode et la poissonnière en moins : 22 600 000 références sous «vin et mariage», 2 540 000 sous «mariage et vin pas cher» sur mon moteur de recherche favori !

Avec, parfois, des arguments qui confinent à la brève de comptoir enrubannée : «Evitez de commencer par le rouge.» Ben oui, qui ne le sait pas : blanc sur rouge rien ne bouge, rouge sur blanc tout fout le camp. Avouez que ce serait dommage de louper son mariage à cause d’un mauvais mélange…

Le chic n’est pas forcément là où on l’attend

Ne vous méprenez pas, chers Chouchou et Loulou, je ne veux que votre bonheur… Mais je compatis. Comment ne pas le faire lorsque je vous vois plancher, dopés à l’endorphine, sur l’ultime épreuve ès « vins », niveau bac « S » : le calcul de la quantité de bouteilles nécessaire à la fête ? Et dire que certains pensent encore que les mathématiques à l’école ne servent à rien… Enfin, au cas où les chiffres vous donnent des boutons – pas top pour une princesse, même pour un CDD d’un jour –, les pro de l’équation à 150 inconnus et de la table de 8 vous fileront une anti-sèche remplie de formules comme autant de Commandements ; à part que là, Dieu se fait payer. Vous l’avez compris, je n’aime pas trop le cirque du mariage. Par contre, je me débrouille un peu en vin et en amour. Aussi, si j’ai un conseil, ce sera le suivant : le mariage est une fête, buvez comme vous êtes…

Sémélé

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2 commentaires sur cet article

Amandine

le 04/07/12 à 17:39

Enorme !! Superbe billet... Je me suis retrouvé un peu dans ce calvaire que peut etre le choix du vin pour son mariage. Mon mari et moi n'avions et n'avons toujours pas, les mêmes goûts en matière de vin. Je suis une folle des bourgognes Rouges et lui, espagnol, raffole de grenache... Le jour de la dégustation c'était "vous vous aimerez jusqu'à ce que le vin vous sépare :-) ! Heureusement on a pu trouver un compromis sans faire trop de sacrifices. C'est un peu ça le mariage !!
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