Cambriolage : 380 bouteilles d'Yquem s'envolent

Quelque 380 demi-bouteilles ont été dérobées hier dans le chai du Château d’Yquem, pour un préjudice s’élevant à 100 000 euros selon la police.

Une mauvaise nouvelle pour le plus célèbre producteur de Sauternes qui a vu ses flacons à la couleur et au prix d’or s’envoler dans la nuit avant même que les gendarmes n’aient le temps d’arriver.

Le vin : l'avenir du grand banditisme ?

Le vol à l’étalage, et les hold-ups dans les banques, ne sont plus à la mode, c’est bien trop risqué, et ça ne paie pas toujours. Certains braqueurs semblent se tourner vers les chais des châteaux qui apparaissent comme des proies plus faciles et isolées.

La folie des cours des grands crus sur le marché attirent l'attention et attisent bien des convoitises. Après le médoc cet hiver, et le vol de bouteilles au chai du Château Fourcas-Dupré, c'est aujourd'hui au tour du Château d'Yquem de faire l'objet d'un tel cambriolage. Malgré le dispositif d'alarme installé dans les chais, 380 demi-bouteilles dont le millésime demeure inconnu ont disparu avant que les gendarmes n'arrivent sur les lieux, découvrant la porte du chai défoncée à la voiture bélier. L'enquête est en cours, et tous les moyens sont mis en œuvre pour rattraper ce gang de voleurs de grands crus bordelais et retrouver ces demi-bouteilles qui ne sont pas qu'un demi-butin puisqu'elle sont estimées à 100 000€.

Si certains s'attaquent aux bouteilles, d'autres vont même à la source en allant jusqu'à subtiliser le raisin tout juste vendangé. On a dénombré près de 3 500 vols du genre en Champagne, où il leur a même fallu déployer la Garde Républicaine dans les vignes pour faire des rondes lors les vendanges. Rien que ça.

Des chais braqués, aux récoltes prises en otage

Ces nouveaux hors-la-loi ont fleuré la bonne affaire. Chaparder un peu de raisin ça ne laisse pas de traces, c’est moins fatigant que de forcer un coffre-fort et surtout moins dangereux qu'une prise otage.

Imaginez d’ailleurs un peu quelle rançon on pourrait exiger (et obtenir) du Domaine de la Romanée-Conti si on kidnappait sa récolte !

Aujourd'hui ces histoires rocambolesques inspirent aussi les polars, comme en témoigne le dernier roman de Jean-Charles Chapuzet, A l'aveugle qui raconte les aventures d'un journaliste expert en vin qui part à la recherche d'une récolte volée, avec pour seule arme son palais, et la dégustation d'un échantillon du vin issu des raisins vendangés clandestinement, dont le souvenir reste ancré dans sa mémoire.

Vol de bouteille, de raisins, contrefaçons ou encore vandalisme sont aujourd'hui des problèmes réels que rencontrent nos certains crus, la rançon du succès et de la gloire à n'en pas douter.

Pas sûr que seule la Garde Républicaine et les systèmes d'alarmes parviennent à repousser les malfrats...

En attendant que des camions de la Brinks ne soient réquisitionnés pour acheminer des récoltes et que des chais soient transformés en copies des succursales des banques du Liechtenstein, la police mène l’enquête.

Pas de chance pour le Château d'Yquem qui une semaine après avoir vu apparaître en vente sur un site Internet son millésime 2012 (un millésime qui n'a pas été produit par la propriété à cause d'une qualité de récolte jugée insuffisante), voit aujourd'hui disparaître quelques bouteilles pourtant bien réelles, de son stock.

Certains brigands sont plus pernicieux, ils ne se contentent pas de faire disparaître des choses, ils en font apparaître mais elles n'existent pas.

Dr Vino est revenu dans un article sur les 12 plus gros braquages impliquant un vol de bouteilles de vin. On retrouve ainsi aux trois premières places des braquages aux préjudices colossaux tandis que le vol dont a fait l'objet le Château d'Yquem cette semaine arrive en 7ème position, pour un préjudice estimé à 166 000$ par LVMH. En troisième position un vol à l'ampleur spectaculaire, puisqu'en Australie, en mars 2013, plus de 60 000 bouteilles non étiquetées avaient disparu, pour une valeur estimée à 500 000$.

Plus impressionnant encore, en Mai 2011, à Londres, où dans un entrepôt, plus de 400 caisses furent dérobées, après que les caméras aient été désactivées. Le préjudice fut évalué à 1 600 000$.

On imagine difficilement un vol encore plus conséquent, et pourtant, dans le comté d'Orange en Californie, un employé de Legend Cellars, a durant quatre ans, de 2008 à 2012, détourné les bouteilles des clients en les subtilisant dans leurs casiers, et en les remplaçant par d'autres vins de qualité inférieure. Le montant total estimé de ces bouteilles détournées : 2 700 000$. Une somme astronomique, presque inimaginable. On comprend encore mieux l'intérêt des voleurs pour le vin...

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