Jacques Dupont : “des belles surprises dans les vins milieu de gamme rive gauche”

Jacques Dupont, LE monsieur vin du magazine Le Point, sillonne les vignobles bordelais depuis cinq semaines. Il a livré ses premières impressions à IntoTheWine quant à cette campagne primeurs 2012 et se démarque du discours unilatéral que l'on a entendu sur ce millésime jusqu'à maintenant.

S’il est clair pour lui que “ce n’est pas le millésime du siècle”, c’est toutefois un millésime “plein de fraicheur qui offre des vins très agréables, et ce malgré les difficultés climatiques auxquelles les viticulteurs se sont vus exposés”. Le résultat général est donc d’une très grande hétérogénéité et le choix des dates de vendanges s’est avéré très important.

L’avantage avec 2012, par rapport aux grands millésimes de garde pour lesquels on doit attendre avant de pouvoir les consommer, c’est que “c’est des vins avec lesquels on pourra se faire plaisir tout de suite”.

“J’ai été très agréablement surpris par le milieu de gamme, et ce constat est encore plus valable pour les vins de la rive gauche”.

Jusqu’à maintenant, les commentateurs ont surtout mis en avant les belles réussites de la rive droite. Jacques Dupont s’en démarque, même s’il nous confirme la très belle qualité des Pomerol. Pour lui, il y a aussi de belles surprises rive gauche dont on parle moins. Il a beaucoup apprécié les Margaux ainsi que certains crus bourgeois du haut-médoc, qui ont fait appel à un savoir faire artisanal du viticulteur, “où les vins aux tannins très soyeux, sont très portés sur le fruit et pleins de fraîcheur”.

“On n’essaie pas de faire un grand vin si ça n’est pas l’année pour”

Ce qui ont le mieux réussi cette année sont “ceux qui n’avaient pas la pression”. Ceux qui ont fait un vin “sincère, authentique en accord avec leur terroir et les conditions particulières de ce millésime 2012. On n’essaie pas de faire un grand vin si ça n’est pas l’année pour”. Selon lui, “le but du vin c’est d’être bu”, ce n’est pas une machine à concours et à classements. Le viticulteur doit penser en dehors de cette dynamique de compétition, et concentrer ses efforts sur l’authenticité et la cohérence de son vin avec le terroir. C’est ça le secret de la réussite lors de millésimes comme 2012 où toutes les conditions ne sont pas réunies pour en faire un grand millésime.

En ce qui concerne le débat sur les prix de ce millésime 2012, Jacques Dupont reste attentif mais lucide : “la plupart des premiers crus ont apparemment décidé de baisser leurs prix, mais c’est surtout pour le marché chinois. En France on rêve avec ces vins là, mais on boit autre chose”. Ce n’est donc pas sûr qu’il y ait un mouvement de baisse spectaculaire.

Et quand on lui demande quels sont ses coups de cœur, il nous répond, amusé : "ça je le garde pour les lecteurs du Point, et de toute façon je goûte presque toujours à l'aveugle, tout ce que je peux vous dire aujourd'hui, c'est que le numéro 12 était très bon".

Vous pouvez retrouver Jacques Dupont toutes les semaines dans l’hebdomadaire Le Point.

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Un commentaire sur cet article

Pascal Hénot

le 29/04/13 à 14:56

Tout à fait d'accord avec l'analyse de Jacques D.
Je l'ai écrit là :
http://www.oenoblogue.com/2013/04/primeurs-2012-la-deception.html
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