Maison Labouré-Roi : Mise en garde à vue pour fraude sur les vins

Depuis une semaine, la maison familiale fondée en 1832, figurant parmi les trois premiers négociants de Bourgogne, subit les foudres de la justice.

Les patrons de la société Labouré-Roi, Armand et Louis Cottin, pourtant au-dessus de tous soupçons, auraient été, selon les enquêteurs de la section de recherches de la gendarmerie de Dijon, à l’origine d’une immense tricherie viticole : mélanges de vins, fausses médailles et tromperie sur les étiquettes. Entre 2005 et 2009, 2 millions de bouteilles auraient été vendues avec des étiquettes ne correspondant pas au contenu : « S’il y avait une rupture de stock de Meursault 2008, le Meursault 2010 était transformé en 2008 sur l'étiquette » (source : Libération). De plus, la quantité de vin manquante dans les tonneaux après élevage aurait été comblée par du vin de table et un dépassement de pourcentage de mélanges de vins a été constaté (autorisé à 15% pour les produits d'une même appellation en Bourgogne). Cette tromperie concernerait près de 500 000 bouteilles représentant 2,7 millions d'euros de chiffre d'affaires.

La maison Labouré-Roi en garde à vue après 18 mois d'enquête

Après des centaines de documents examinés, la comptabilité scrupuleusement analysée et de nombreuses perquisitions dans les locaux de la société, les gendarmes font éclater le scandale.

Le premier indice à avoir interpellé les autorités portait sur les différentiels de manquants, c'est à dire la différence de quantité entre le jus de raisin qui entre en vinification et le vin qui en ressort. Les pertes sont de 2 à 3% lors de la vinification, or, aucune perte n'a été constatée chez Labouré-Roi.
Les 4 dirigeants du domaine ont alors été placés en garde à vue : Armand et Louis Cottin, hommes d’affaires de 82 et 83 ans, l’œnologue et l’administrateur de la maison Labouré-Roi. Ceux-ci ont été entendus par la justice et un dossier fiscal va sans nul doute être ouvert.

L’avocat de Labouré-Roi, Maitre Emmanuel Touraille, s’est prononcé hier au sujet de l’affaire :
"Nous sommes trois ans après la fin de la période contrôlée, et on se rapproche aujourd’hui d’un taux d’erreur proche du zéro. La direction a assumé la situation. Oui, il y a eu des choses qui n’étaient pas correctes, mais nous les avons corrigées. Il y a de plus des manipulations dans la cave qui pouvaient ne pas être volontaires (…). Le but, c’est de préserver l’emploi. Les propriétaires de la société, qui ont plus de 80 ans, sont deux hommes qui n’en peuvent plus. Il y a environ 70 emplois à la clef."

La réponse du procureur ne s'est pas fait attendre : "(...) Vu le nombre de bouteilles, ce n’est pas une erreur de manipulation, et l’on peut imaginer qu’il y avait quelque chose d’organisé. »

Pour l'instant, pas de charge retenue sur le plan judiciaire mais l'enquête est en cours.
Cette affaire de fraude pourrait ainsi coûter plusieurs centaines de milliers d’euros à l’entreprise Labouré-Roi et l'action de la société cotée en bourse est en chute de 36,36% à la clôture du marché à 3,50 euros

Source : Le quotidien Le Bien Public

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florence

le 14/06/12 à 19:50

ça ne risque pas de faire du bien à la région et aux vins de Bourgogne ! Quel honte tout de même...
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