Marathon de dégustations et de rencontres au cœur des vendanges des Graves.

Vendanges 2012 en Graves et Pessac Léognan

Comme chaque année à cette époque les viticulteurs des deux appellations sont en alerte : d’un côté prêts à dégainer leurs sécateurs dans l’attente du moment optimum pour déclencher les vendanges, de l’autre prêts à accueillir une horde de journalistes curieux de venir recueillir les premières impressions des vendanges 2012.

L’occasion parfaite pour nous de continuer notre tour des vendanges 2012.

Après Saint-Emilion et les vendanges au Château Cheval Blanc, petit tour dans les Graves !


Dans une organisation bien huilée orchestrée par la maison des vins de graves, celle des Pessac Léognan et l’agence de presse Lettres de Châteaux, le balai des journalistes bat son plein, les gens se quittent et se retrouvent au grès des dégustations et des visites de propriétés en vendanges.

Après avoir rencontré Christine Larriaut au Château Camus qui nous annonce une belle récolte de sauvignons avec des raisins de très bonne qualité mais un rendement en dessous des seuils autorisés, la famille d’Antras nous accueille au cœur du Château Magence pour déguster une vingtaine de vins de Grave et visiter cette magnifique propriété qui termine juste ses vendanges de blanc alors que la pluie commence à peine à tomber dans cette région du bordelais… ouf ! Les vins du Château Magence sont vraiment à découvrir. Le millésime 2009, goûté il y a deux ans en primeur a vraiment bien évolué. Des notes de fruits rouges et de chocolat pour un vin soyeux en bouche et une longue finale.

Des vendanges tardives où il faut être patient !

Petite pause conviviale avec un déjeuner en intimité au Château de Beau-Site avec la famille Houry. Installés depuis à peine un an dans cette belle demeure au bord de la Garonne, Patrick, Evelyne et leurs enfants combinent les activités de chambres d’hôtes, centre équestre et viticulture et s’apprêtent à vendanger leur deuxième millésime !
"Des vendanges très tardives pour nous » précise Patrick Houry. « On commencera probablement le 10-12 oct, il faut prendre le raisin quand il est prêt. Une petite récolte (5ha de vignes) pour laquelle il faut être patient. Comme disent les gens du métier : on ne pourra en parler que quand on l'aura rentré ».

Vis ma vie de viticulteur

Un peu plus tard nous embarquons pour un véritable « Vis ma vie de viticulteur » avec Xavier Perromat, propriétaire du Château de Cérons, gigantesque bâtisse au cœur des graves.
Embarqués à bord de son 806 (4 enfants oblige !) nous roulons fenêtres ouvertes entre ses rangs de vignes au cœur du plateau de Cérons qui fait face aux belles côtes de Loupiac et Cadillac de l’autre côté de la Garonne. Il nous parle passionnément de la grave, de son raisin et nous fait goûter aux merveilles du Botrytis avec lequel il crée son liquoreux de Cérons. Installés depuis peu dans le château avec sa femme, ils entreprennent de tout remettre en marche : vignes, chais et habitation pour, à terme, obtenir le meilleur de ses vignes et accueillir des touristes en chambre d’hôte.

"Mon père a planté ces vignes il y a 30 ans et il a tenu à laisser l'espace d'un tracteur tous les 3 rangs, du coup sur le plateau de Cérons, je repère mes parcelles très facilement car ce sont les seules à être plantées de la sorte. Cette année il a fallu faire des vendanges vertes de véraison tout l'été pour obtenir une homogénéité de maturité dans les grappes de raisin"

Petite dégustation : un rouge, un blanc et un liquoreux car comme le dit Xavier fièrement, c’est le seul terroir du Bordelais où l’on peut produire ces 3 vins !

Cette journée riche en plaisirs se conclut par un dîner au Château Haut-Bailly où Véronique Sanders reçoit journalistes et propriétaires dans une ambiance digne d’un gala de promo d’école. Les propriétaires ont tous apporté un ou deux millésimes de leur cru et se chambrent amicalement tels des camarades à la récré. On y croise entre autres, Tristan Kressmann du Château Latour-Martillac, Séverinne Bonnie de Malartic Lagravière, Jean-Christophe Mau du Château Brown, Annabelle Denis du Château Fieuzal, Emilie Gervoson de Larrivet Haut-Brion ou encore Rémi Edange du Domaine de Chevalier.

Haut-Bacalan : le Château le plus chinois de Pessac-Léognan

La route au cœur des graves continue le lendemain avec une belle découverte ! Un château au cœur de l’agglomération bordelaise : le Château Haut-Bacalan. Détenu par la Famille champenoise Gonet (champagnes Michel Gonet) déjà bien implantée dans le bordelais avec le Château Lesparre et le Château D’Eck, ce vin, vendu à 95% à l’export, est considéré comme un grand cru classé en chine !
Il est présent dans tous les films nationaux tel Angélus dans James Bond (100€ la bouteille). Frédéric Gonet qui gère l’entreprise aujourd’hui avec son frère Charles-Henri, a fait la rencontre de Hao Zeng, chinoise de 25 ans passionnée de vin et étudiante en France, en 2008 et depuis ils forment un duo de choc. Un pied à bordeaux, un pied à Shanghaï, ils sont devenus LA valeur sûre du business du vin entre la Chine et Bordeaux en quelques années. Ils ont fondé l’association Vignobles Célèbres de France afin de défendre les intérêts de quelques autres propriétés du Bordelais telles que Prieuré Lichine ou Durfort Vivens. Ils ne communiquent plus que par le logiciel QQ qui est l’équivalent chinois du « facebook/twitter/skype/gmail » mélangés qu’on utilise en France et ont même construit un Château au cœur de Shanghaï pour en faire le siège de leur association… Histoire à suivre de près !

La troupe des journalistes est ensuite rassemblée dans les bureaux du Château Couhins pour deux heures de dégustation studieuse du millésime 2010. On s’attarde un peu plus par gourmandise sur les grands crus classés de Pessac Léognan en rouge et en blanc... Smith Haut-Lafitte, Latour-Martillac, Fieuzal, Malartic-Lagravière, Couhins-Lurton ou encore Bouscaut... Un régal!

Dernier stop au Château La Louvière

Accompagné du journaliste sommelier Fabrizio Bucella (huffingtonpost) et du journaliste japonais Takeshi Kokubu, nous voilà en voiture avec Véronique Bouffard, responsable presse et communication des vignobles André Lurton, direction le Château La Louvière où nous attend le directeur adjoint de production Vincent Cruège. Encore une belle rencontre ! Visite de la propriété avec un verre de blanc à la main. Nous assistons à la première récolte d’une parcelle de rouge (jeunes vignes) et le maître de chai nous explique avec passion et maîtrise de son sujet l’acheminement des raisins jusqu’à la cuve avec un matériel de haute technologie ! Autour d’un très bon repas, dégustation d’un Château La Louvière 1989 en rouge tout en buvant à grande gorgée les paroles de notre hôte qui parle de ses millésimes et du bonheur de son métier depuis plus de 20 ans au sein des vignobles André Lurton.

La journée se terminera par une conférence sur les graves au Château La Mission Haut-Brion, suivi d’un dîner dans l’agréable et chaleureuse demeure d’Isabelle et Paulin Calvet, le Château Picque Caillou. Picque Caillou 2000 en rouge et un La Louvière 1986 en blanc.

Aucun commentaire sur cet article Voir les commentaires

Article précédent
Une étude tente de "segmenter" le consommateur de vin chinois !
Article suivant
Marcel Guigal, Convalescent.

A lire aussi



Devenez contributeur sur Intothewine.com !Passionné de vin rouge ?
Incollable sur le bouchon en liège ?
Contactez-nous

Ecrire un commentaire

Aucun commentaire sur cet article

Soyez le premier à ajouter un commentaire
Votre commentaire

Veuillez rédiger votre message.

* :
* :
Captcha * :
* :
Envoyer mon commentaire