Naufrage 1855 : l’actionnaire Jean-Pierre Meyers (L’Oréal) quitte le navire.

La Revue du Vin de France a annoncé hier soir cette nouvelle : le site de vente en ligne 1855 perd son actionnaire historique et principale caution : Jean-Pierre Meyers.

Le gendre de Liliane Bettencourt, qui a longtemps renfloué les caisses de la société 1855 se retire du capital et ne souhaite plus y être associé (les mentions sur le site ont été enlevées et sa page Wikipédia modifiée en ce sens).

Un revirement de situation radical quand on sait que Jean-Pierre Meyers a investi entre 8 et 10 millions d’euros en huit ans dans cette affaire.

Condamné à plusieurs reprises pour ne pas avoir livré les vins achetés par ses clients le site 1855 a dernièrement défrayé la chronique.

Les levées de fonds à répétition et les bilans maquillés ne semblent pas avoir suffit à redresser le navire 1855.

1855 un système dangereux voué à la casse ?

1855.com est un site de vente de vin en ligne dont la particularité est la vente de vin en primeur. Créé par deux diplômés de grandes écoles, l'un d'HEC et l'autre de l'Université de Dauphine à Paris, le site repose sur un concept simple: pré-vendre des primeurs aux internautes et acheter les bouteilles un an et demi plus tard, une fois le vin élevé.

Concept très risqué car les vins mis en vente ne sont donc pas achetés et encore moins stockés par 1855.com. Ils peuvent ainsi vendre des vins auxquels ils n'auraient pas accès en primeur (1er Grands Crus Classés) le tout sans allocation ou presque.

Spéculant à la baisse pour pouvoir faire des profits, le site s’est vite retrouvé à ne pas pouvoir honorer ses commandes sur des vins, comme en 2005 ou plus récemment 2009, dont la valeur avait augmentée entre la mise en marché et la disponibilité effective des vins après élevage.

Le mot d'ordre des fondateurs du site à l’époque : "Etre à la distribution de vin, ce qu’Hermès est à la mode."

Une belle promesse qui fait doucement sourire aujourd’hui quand on lit les témoignages de clients floués (dans les commentaires de l'article) avec comme seule réponse un silence méprisant de la part de la société.

La nouvelle du retrait de Jean-Pierre Meyers n’est en tout cas pas une bonne nouvelle pour les clients de 1855 qui sont toujours en attente de leurs vins et qui n’en verront peut être jamais la couleur.

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2 commentaires sur cet article

Gusto

le 11/01/13 à 21:39

On se demande comment les clients vont recevoir leurs vins, puisque sans Mr Meyers pour éponger le déficit chronique de la société, 1855 semble devoir couler en peu de temps. Les autres signes précurseurs ? La ridicule proposition de la direction de faire des clients des actionnaires. Actionnaire d'une boite dont les action valent 4 centimes, il faut être un peu pigeon, non ? Ah, mais un bouteille de champagne est offerte ? Pour se la mettre ou je pense, peut-être ? Ça sent le sapin, et même si Parker adore, ce n'est pas ça qui va les sauver.
Franz

le 15/12/12 à 14:10

C'est le clap de fin sans doute. Mauvaise nouvelle pour les clients en attente de primeurs mais aussi pour les actionnaires petits porteurs idem lessivés, c'est visiblement l'hallali .
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