Michel Bettane et les Ayatollahs du tout naturel

Ce culte affecte particulièrement notre alimentation.

J’aimerais vous persuader que je n’ai rien contre les religions et que je respecte également toutes les croyances. En revanche je nourris la plus franche aversion pour les ayatollahs, une espèce qui fleurit généralement dans les basses fosses de la foi. Le culte de Dame Nature n’échappe malheureusement pas à cette fatalité, il n’est que de lire sur internet les violentes diatribes des détracteurs de Michel Bettane ([ici](http://www.vindicateur.fr/2820-Grand-ecart-facial-obligatoire-pour-rendre-justice-au-vin.php  »vindicateur ») et [là](http://bonvivantetplus.blogspot.com/2011/10/deux-vins-nature-ames-sensibles.html  »bon vivant »)), un homme plein de bon sens et courageux qui ose avancer l’idée que si la nature recèle certes des trésors, elle est aussi capable de produire des horreurs.
Il s’agit là pis que d’un crime, d’un blasphème ! La communauté des ayatollahs a demandé aussitôt la tête du mécréant sans beaucoup d’espoir de réussite d’ailleurs tant la foule des gastronomes est convaincue que trop est trop et qu’il faut raison garder, c’est à dire arrêter les discours excommunicatoires à l’encontre de ce qui n’est pas cent pour cent naturel.

En premier lieu rappelons que si l’homme n’avait pas détourné la nature, nous en serions réduits à bouffer des racines et des larves répugnantes (cf. Benoit-Méchin « L’homme et ses Jardins ») . Si l’homme n’avait pas trié, hybridé, greffé pour faire muter les espèces, nous ne dégusterions pas aujourd’hui des doyennées du Comice et de somptueux chambertins. Quant aux poulets chers à Jean-Pierre Coffe, nous conviendrons avec lui que si un poulet de la jungle birmane se rapproche le plus de la perfection naturelle, sa chair n’en demeure pas moins résolument immangeable et pourtant il court sans limites et se nourrit strictement de ce qu’il trouve dans la nature (des immondices).

Ensuite, le meilleur poulet de Bresse pour être succulent reste confiné dans un espace suffisant pour son bien-être mais néanmoins raisonné par l’homme pour assurer le gras et la délicatesse de sa chair. Il picore ce qu’il trouve autour de lui mais l’homme compose le plus clair de ses menus après avoir beaucoup réfléchi à la meilleure diététique. De même les meilleurs crus effectuent des sélections massales pour améliorer génétiquement la population du vignoble, interviennent quotidiennement dans la conduite des plants et leurs traitements pour les protéger des maladies et des pestes. Ces interventions sont raisonnées. Beaucoup de robotisation effraie les esprits conditionnés par les ayatollahs mais il faut savoir que personne n’a encore pu détecter à l’aveugle un vin élaboré à partir de vendanges manuelles d’un autre issu de vendanges mécaniques. En revanche le tri des grains fait la différence de qualité par la suite mais sait-on que le tri-optique existe maintenant et qu’il s’agit de technique de pointe améliorant le résultat final ?

Enfin est-il insultant de rappeler que les conditions climatiques rendent de plus en plus souvent la qualité de la récolte dépendante de techniques plus fiables que celles empruntées aux grimoires de Nostradamus ?

Mais, j’espère, que tout le monde pourra se mettre d’accord pour vouloir coller le plus possible à la nature grâce à de bonnes et saines pratiques pas forcément toujours ancestrales ni obligatoirement toujours robotisées. Et avant tout sur la nécessité d’offrir au public des produits sains et excellents !

Pour le reste souvenons-nous avec monsieur de Beaumarchais que « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur »

 
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