Michel Chapoutier veut mettre de l’eau dans son vin

Dans un entretien accordé à [_the drinks business_](http://www.thedrinksbusiness.com/2013/05/chapoutier-bring-water-back-into-winemaking/  » »), Michel Chapoutier, un des producteurs de Côtes-du-Rhône les plus réputés, est revenu sur la très controversée étude portant sur les effets des changement climatiques sur la carte mondiale des vins, selon laquelle à l’horizon 2050, la production viticole ne serait plus possible dans des régions telles que les Côtes-du-Rhône ou encore Bordeaux.

### Face au climat et ses évolutions, quelles solutions ?

Bien qu’il remette en question la validité scientifique des conclusions de cette étude, il en fait une raison pour exprimer ses diverses idées, soulever quelques questions et faire part de certaines inquiétudes.

Notamment au sujet de problèmes plus immédiats liés aux changements climatiques, tels que la hausse des niveaux d’alcool. Car l’un des effets directs du réchauffement climatique est la perte d’eau des raisins qui entraine une plus forte concentration en sucres. Or lors de la fermentation, c’est le sucre qui se transforme en alcool.

Il s’est en effet montré inquiet quant aux problèmes de hausse des niveaux d’alcool que l’on constate dans les vins, en citant comme exemple son vin Le Pavillon d’Ermitage dont le taux d’alcool est passé de 12,5% à 14% entre la fin des années 1990 et aujourd’hui.

Or, les solutions pour contrer ce problème ne sont pas évidentes, et les cahiers des charges de l’INAO mettent quelques barrières.

Si à Bordeaux des méthodes telles que l’ajout de cabernet sauvignon au détriment du merlot existent, en Languedoc Roussillon, elles sont plus limitées.

Il a tout d’abord fait part de son initiative proposée à l’INAO, qui permettrait d’utiliser d’autres cépages, tels que le Touriga Naçional, qui entrerait alors dans le cahier des charges de l’AOP.

Mais une de ses idées sort du lot, et devrait faire du bruit. Il s’est déclaré en faveur de l’ajout d’eau dans le vin pour contrer ces hausses très difficiles à gérer de manière naturelle.

### De l’eau dans le vin : une hérésie ?

On l’oublie souvent, mais jusqu’au début du XXème siècle, nos ancêtres ajoutaient encore de l’eau dans leur vin. Cette pratique de boire du vin “nature” est assez récente. L’idée de Michel Chapoutier n’est donc pas une aberration.

Même s’il ne veut pas remettre en question la capacité des vignes à s’adapter au climat, Michel Chapoutier décrit cette méthode comme la plus efficace, sans qu’elle n’altère pour autant le goût du vin.

Les résultats des tests qui ont été faits ont montré que l’échantillon de vin dont le taux d’alcool avait été baissé grâce à l’ajout d’eau, était celui qui avait le plus plu. Bien plus que ceux faits avec la méthode de l’osmose inversée (desalcoolisation membranaire, qui consiste en une nanofiltration qui ne laisse passer que les molécules d’eau), qui en plus d’être coûteuse, n’est pas naturelle, et dégrade la qualité du vin.

Cette méthode ne plait pas forcément à tous les producteurs, qui craignent les effets négatifs que cela peut avoir sur les consommateurs…

Qu’en dira l’INAO ? Affaire à suivre. C’est en tout cas, un débat intéressant qui vaut la peine d’être étudié.

Pour certains, si mettre de l’eau dans son vin est une solution, pour d’autres comme Pierre Desproges, cela reste une hérésie, et ce ne sont pas les mots et l’humour qui lui manquent pour faire part de son opinion :

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 »J’étais littéralement fou de cette femme. Pour elle, pour l’étincelance amusée de ses yeux mouillés d’intelligence aiguë, pour son cul furibond, pour sa culture, pour sa tendresse et pour ses mains, pour cette femme à la quarantaine émouvante que trois ridules égratignent à peine, trois paillettes autour de ses rires de petite fille encore, pour ce fruit mûr pas encore tombé, pour ses seins arrogants toujours debout, même au plus périlleux des moins avouables révérences, pour cette femme infiniment inhabituelle, je me sentais au bord de renier mes pantoufles. En sa présence, il n’était pas rare que je gaudriolasse sans finesse, dans l’espoir flou d’abriter sous mon nez rouge l’émoi profond d’être avec elle. Elle avait souvent la bonté d’en rire, exhibant soudain ses clinquantes canines dans un éclair blanc suraigu qui me mordait le cœur. J’en étais fou vous dis-je.

Je l’emmenais donc déjeuner dans l’antre bordelais d’un truculent saucier qui ne sert que six tables, au fond d’une impasse endormie du XVe où j’ai mes habitudes. J’avais commandé un Figeac 71, mon Saint-Émilion préféré. Introuvable. Sublime. Rouge et doré comme peu de couchers de Soleil. Profond comme un la mineur de contrebasse. Éclatant en orgasme au Soleil. Plus long en bouche qu’un final de Verdi. Un si grand vin que Dieu existe à sa seule vue. Elle a mis de l’eau dedans.

Je ne l’ai plus jamais aimée. »

Voilà donc qui a le mérite d’être clair.

Source : [_the drinks business_](http://www.thedrinksbusiness.com/2013/05/chapoutier-bring-water-back-into-winemaking/  » »)

 

mai 21, 2013

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