OENS: le vin s’invite à l’Ecole Normale Supérieure

## Cette semaine, Matthieu Solnon, un des deux présidents de l’association d’œnologie de l’Ecole Normale Supérieure présente OENS, anciennement appelée Normal Sup Oeno.

L’Ecole Normale Supérieure destine principalement ses élèves à l’enseignement, à la recherche ou aux grands corps de l’État. Elle accueille quatorze départements d’enseignement et de recherche qui couvrent l’essentiel des disciplines littéraires et scientifiques.

OENS dépend directement du Comité d’Organisation des Fêtes de l’école : pas de gestion de trésorerie, pas d’enregistrement à la préfecture à chaque changement de président…l’occasion de se concentrer pleinement sur l’œnologie.

La passion de Matthieu Solnon pour le vin est assez récente. « On buvait du bon vin dans ma famille mais c’est tout. Je suis parti de zéro niveau œnologie, comme la plupart des gens du club. », explique-t-il. C’est en deuxième année d’école que Matthieu Solnon a commencé à s’intéresser de près aux événements du club, puis, après avoir été vice-président l’an dernier, il est maintenant en charge de l’association avec une petite dizaine d’étudiants.

Chaque événement est l’occasion de se réunir à 36 étudiants dans une salle de l’école. « C’est bien d’être assez peu, cela facilite le dialogue avec les intervenants. », précise le président. Le rythme est très soutenu puisqu’il y a presque une séance par semaine. L’OENS est une des associations les plus actives de l’ENS.

**Il existe trois types de séances à l’OENS.**

Les étudiants organisent parfois des séances eux même où ils achètent les bouteilles et animent la dégustation. « Cette année on a fait une initiation générale, une initiation sur certains cépages et certaines régions, une dégustation de whisky, de bière, de vin mutés… », raconte le président de l’association.

Mais la majorité des séances est animée par des producteurs qui viennent avec leurs bouteilles et animent une dégustation pendant 2h ou 3h. « Ce sont souvent les directeurs techniques ou les commerciaux. Sinon, Jean-Emmanuel Simond, fondateur de la société d’importation de vins étrangers Oenotropie et journaliste pour la Revue du Vin de France vient aussi animer des dégustations de vins étrangers. », explique Matthieu Solnon.

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Dans ces dégustations, on retrouve beaucoup de châteaux bordelais comme Pichon-Longueville, Branaire-Ducru et La Conseillante. Les champagnes ne sont pas en reste : Laurent Perrier, Philiponnat, Jacquesson…

L’association essaye de varier au maximum. La semaine dernière, c’est le Domaine Vega Sicilia qui s’est déplacé d’Espagne pour venir à la rencontre des étudiants. « L’an prochain, on prévoit une dégustation de vins rosés. On aimerait bien, par exemple, faire appel à des domaines en Sancerre, mais le souci, c’est le manque de budget de certaines propriétés. », confie-t-il.

**Pour que ces châteaux se déplacent, l’association n’hésite pas à beaucoup démarcher.**

« On va à beaucoup de salons, on envoie aussi des mailings et surtout, on a notre blog, qui est une bonne carte de visite pour les châteaux.», explique Matthieu Solnon.

Le dernier type de séance est thématique. Les étudiants font appel à des échantillons auprès des propriétés puis demandent à un sommelier ou à un journaliste de venir présenter ces vins. Xavier Thuizat, assistant-chef sommelier chez Pierre Gagnaire, Jean-Emmanuel Simond ou encore Antoine Petrus, sommelier aux Ambassadeurs ont déjà accepté de remplir ce rôle.

Chaque séance coûte environ 10 euros, il n’y a pas de système de cotisation globale à l’ENS. Cet argent permet de finir chaque dégustation par un buffet de fromage, de charcuterie et de tarte.

Petite particularité des dégustations à l’ENS, lors de chaque séance, deux vins sont dégustés à l’aveugle, un au début et un à la fin. Ces vins proviennent soit d’une ancienne dégustation, soit ils ont été achetés par l’association. Le but est d’aiguiser son palais de manière ludique.

Une des spécialités de l’association d’œnologie de l’ENS, ce sont les concours de dégustation. Cette année, l’équipe de l’association dont fait partie Matthieu Solnon a participé à 5 concours. Il y a eu beaucoup de concours étudiants : 20/20, organisé par la Commanderie du Bontemps avec des vins de la rive gauche de Bordeaux, le Défi de Bacchus organisé par l’EM Lyon, le SPIT organisé par l’association œnologique de Sciences-Po Paris en partenariat avec Bollinger et le Concours Pol Roger.

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Chacun de ces concours consiste à reconnaître des cépages, des appellations, des millésimes ou encore à commenter des vins. C’est aussi l’occasion de se mesurer à d’autres écoles françaises et internationales et de participer à des visites et des banquets organisés par les plus grands châteaux.

L’équipe d’OENS se classe souvent dans les meilleurs de ces concours : 2ème au Défi de Bacchus et au SPIT, finaliste du Concours Bollinger…

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L’association a aussi participé au concours de la RVF, un championnat de France non étudiant. « Là, on voit tout de suite que c’est un autre niveau… Mais c’est toujours l’occasion de se retrouver dans une bonne ambiance et d’échanger. », raconte Matthieu Solnon.

Pour s’entraîner, ils stockent quelques vins. « Jusqu’à cette année, on stockait les bouteilles dans le bureau d’un étudiant qui faisait une thèse et qui avait un bureau à l’ENS, mais vu qu’il part cette année, on a dû faire un investissement. », explique-t-il. Ils ont, en effet, investi dans une armoire cave à vin qu’ils conservent dans les caves de l’école. « On ne communiquera pas l’endroit exacte où elle se trouve par contre ! », précise-t-il avec humour.

**En ce qui concerne ses vins préférés…**

Le président d’OENS n’affiche pas vraiment de préférence pour certains vins : « Tant que le vin est bien fait, j’aime bien. » Cette année, certaines séances l’ont marqué, notamment celle de Foradori, des vins italiens, où il a pu déguster du vin rouge vinifié en amphore. « Il y a beaucoup de densité et de puissance, mais sans le côté tannique et boisé des fûts. », confie-t-il.

Il avoue tout de même un petit faible pour le riesling, notamment ceux de Meyer-Fonné et de Marcel Deiss, et en rouge, un faible pour les Côtes du Rhone.

Pour ce qui est des lieux où ils aiment se retrouver dans l’association, Matthieu Solnon cite Grains Nobles, une école de dégustation également cave et bar à vins dans le 5ème arrondissement. Il explique : «Les tarifs de l’école de dégustation ne sont pas dans nos budgets mais il y a une belle carte, des vins au verre, de belles assiettes de fromage et de charcuterie et les prix des bouteilles commencent à 10 euros. Certains dans l’association y vont une fois par semaine. »

 

juin 14, 2011

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