Quand le cubi de vin s’éteint, le BIB s’éveille

Je préfère me saouler à La Villageoise plutôt que de voir ça ! Non mais, c’est vrai, y a des symboles auxquels il ne faut pas toucher. Imaginez un Tour de France sans dopage. Vous êtes d’accord avec moi, ce ne serait plus vraiment le Tour de France.
Et bien le cubi de vin, c’est la même chose… Je ne plaisante pas.

Mon tonton lui-même, ouvrier de son état, n’en revient pas : _« Tout fout le camp… Voilà qu’ils nous déguisent le cubi, qu’ils nous le rebaptisent… Un outil comme ça, que dis-je, une invention pareille… Les voilà qui l’habillent de tralalas en tout genre ; genre, cachez ce vin que je ne saurais voir ! »_.

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### Après le Che, le marketing aura-t-il la peau du cubi ?

Mon tonton, il est (un peu) cultivé et doué d’un sens de la formule incomparable. Surtout, il en impose en matière de cubi… Comme près de 77% des chefs de famille retraités et ouvriers d’ailleurs, qui restent en France les principaux acheteurs du fameux « Bag-in-Box » ou BIB ; puisque c’est comme cela qu’il faut désormais appeler notre cubi (Source : FranceAgriMer SIA 2011).

Alors quoi, c’est la fin de l’Histoire que préconisait Fukuyama; eheh, moi aussi je suis (un peu) cultivée ! Ou assiste-t-on une nouvelle fois à la récupération d’une icône populaire à des fins mercantiles ? Bref, le cubi = le Che ?

### Un succès populaire pour un objet populaire

Une chose est sûre. Le cubi version BIB a pris l’ascenseur social depuis son arrivée sur le territoire hexagonal à la fin des années 1990 : + 3% de progression annuelle moyenne pour les ventes en volume, alors que la dive bouteille peine à garder l’équilibre (Source : SymphoniIRI 2011).

Faut dire qu’il a de quoi séduire notre cube, oui ! Un bon rapport qualité/prix, à condition de bien choisir son carton dans un rayon de grande surface ou de se fournir directement auprès d’un producteur rigoureusement sélectionné. Un esprit rassembleur, propice aux grandes réunions familiales ou festives.
Une capacité de conservation supérieure à la bouteille, jusqu’à un ou deux mois une fois la capsule tirée.

### Ni « pop art », ni « art déco », le cubi c’est de l’art brut

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N’empêche, telle une mère qui verrait la chair de sa chair quitter son nid, je m’inquiète…

Vous avez vu comme il est accoutré mon petit cubi ? Et vas-y que je te le camoufle tel un diffuseur Airwick qui pue mais ne se voit pas. Et vas-y que je te le déguise en animal, en sac à main ou en œuvre d’art. Et vas-y que je te le griffe haute-couture… !
Y en a même qui s’inspirent de sa carcasse pour dessiner des luminaires, ou utilisent son outre plastique pour fabriquer des oreillers (www.cubichon.com)!

Un peu de respect pour les morts quand même, surtout quand ils ont rendu un tel service… en 3, 5 ou 10 litres !

### Méfiez-vous des imitations…

Certes, je sais, le cubi ne garde pas les vins. C’est pas son job après tout. Alors pourquoi ne pas préférer l’original à sa version Canada Dry ?

Je le répète, y a des symboles auxquels il ne faut pas toucher. Rappelez-vous le Tour de France… !
Je pense d’ailleurs solliciter Michel Sardou pour un cover de « Ne m’appelez plus jamais France » version cubi… Oui, je suis pour le droit à la différence. Et tant pis pour ceux, Parisiens essentiellement (Source CSA Viniflhor 2007), qui assimilent la convivialité et le partage à la médiocrité et au manque de classe…

Mon appel est solennel : sauvons le subi !

Sémélé

 

juil 16, 2012

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