Un viticulteur doit il élaborer un vin pour les autres ou pour lui-même ?

## Dimanche dernier mon petit-fils (eh oui, Dyonisos est vieux) me demandait si un viticulteur devait élaborer un vin pour les autres ou pour lui-même.

Certes l’altruisme voudrait qu’on songe à produire un vin que le plus grand nombre apprécierait (et peut-être le marketing aussi !).

Pour une fois la morale ne s’accorde pas avec la raison.

Que serait en effet un vin à la fois sec et doux, charpenté et gouleyant, aromatique et tannique, convenant à tous les mets de la salade à la charlotte au chocolat ! Sans compter que les goûts diffèrent d’un continent à l’autre, sous des latitudes variées, selon les gastronomies indigènes et l’âge du consommateur. En outre les goûts subissent des effets de mode.

Rien ne serait plus ennuyeux et aléatoire que de se conformer à un tel programme.

En revanche élaborer un vin pour soi traduit une vision, personnelle évidemment, mais combien plus exigeante ! Elle implique d’avoir une idée claire de ce que l’on veut obtenir et le mérite d’y avoir consacré beaucoup de réflexion avant les investissements humains et financiers qui en sont les corollaires obligés.

Mon père me disait que le résultat n’est jamais exactement à la hauteur de nos espérances mais que si on pouvait s’en rapprocher peu à peu, on tenait la preuve que la voie était bonne.

Il ajoutait qu’à défaut d’être compris par tous, il nous restait au moins la satisfaction de nous régaler nous-mêmes !

 
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