Une étude tente de \ »segmenter\ » le consommateur de vin chinois !

## La science en marche ne connaît pas de limites.

Une étude très sérieuse, le démontre une fois de plus. Une enquête de motivation est arrivée (à lire sur le [site Wine Intelligence](http://www.wineintelligence.com/2012/08/17/press-release-china%E2%80%99s-wine-market-faces-growing-pains-as-consumer-tastes-evolve-according-to-new-report/  »etude wine intelligence »)), je cite, à « segmenter le consommateur chinois. ». Les bras m’en tombent.

Le verbe « segmenter » tire son origine du mot latin « segmentum » désignant un morceau coupé. Donc on a réussi, tenez-vous bien, à découper en morceaux le consommateur chinois…

Je ne vous cacherais pas que je trouve la prouesse inouïe et très courageuse. Découper en morceau, en effet, un citoyen d’un pays qui menace de déclencher la troisième guerre mondiale rien que pour la possession de quelques malheureux rochers inhabitables, relève d’un mépris admirable pour le danger.

Mais là où je n’en reviens pas, c’est du peu d’impact que semble avoir eu cette nouvelle.

Je m’attendais à un concert de protestations du Conseil de Sécurité de l’O.N.U. ou, au moins, aux hurlements du nucleus germano-pratin d’habitude si sourcilleux quand il s’agit de voler au secours de la République Populaire et de ses habitants. Rien non
plus n’est venu du côté de la Ligue des Droits de l’Homme. Mais, bien sûr, s’il n’y a pas tellement d’îlots déserts dans la mer de Chine, en revanche il y a pléthore de Fils du Ciel dont j’ai cru comprendre qu’ils n’étaient pas tous consommateurs, donc menacés de segmentation pure et simple.

Cependant une autre question m’obsède. On peut supposer qu’on s’est résigné à pratiquer cette horrible opération pour faire avancer la science plutôt que dans un but culinaire et gastronomique. Il ne s’agissait donc pas de séparer les bons morceaux
(bavette, gigot) des abats (cervelle, foie, pieds, etc…) alors j’aimerais savoir ce que l’étude ne nous dit pas : Que reste-t-il maintenant du consommateur chinois ?

Les morceaux nettement découpés s’emboitent-ils comme des Légo pour satisfaire l’imaginaire de nos tout-petits ? Ou bien, grâce à de savantes encoches, peut-on les monter et obtenir un ravissant meuble IKEA ?

Ma perplexité redouble quand je lis en guise de conclusion sous la plume des auteurs de ces travaux fascinants, qu’une masse considérable de consommateurs chinois serait réfractaire à toute forme de communication issue de notre filière. Entre nous, j’admire leur prudence. Cependant nos excellents savants- découpeurs nous exhortent in fine, pour assurer l’avenir de nos vins sur ce marché, à inventer le moyen de vaincre cette ultime résistance. Ce qu’on peut résumer ainsi : COMMENT CAUSER A UN INTERLOCUTEUR APRES L’AVOIR MIS EN MORCEAUX. ?

Je n’ai pas encore trouvé la réponse mais une piste pourrait être de fournir un Littré aux rédacteurs de ces enquêtes de motivation.

 
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