\ » Vignerons, à vos plumes \ »

## Voilà longtemps que le calcul de surfaces plantées en vigne s’établissait sur une base cadastrale.

Donc « tournières » incluses. Le calcul des rendements à l’hectare utilisait le même étalon. A première vue la méthode réunissait simplicité, efficacité , clarté, consensus. Enfin elle donnait de bons arguments pour pousser les viticulteurs à respecter pour leurs plantations des distances convenables par rapport aux routes, chemins, habitations.

Trop de vertus pour les fonctionnaires qui nous surveillent avec un zèle que devraient imiter leurs collègues chargés du maintien de l’ordre.

Désormais on nous annonce que le contrôle des superficies s’appliquera au ras des souches et cette mesure déclenche déjà un gigantesque ras le bol. La viticulture vit des moments difficiles depuis plusieurs années, la perspective de voir le volume de la récolte diminuer drastiquement du fait de cette nouvelle disposition, a de quoi ulcérer plus d’un vigneron.

Subsidiairement, expliquez-moi comment je pourrai circuler, moi, avec mon beau quatre-quatre quand Onsésime Piscoulet et Gaston Dufalzar, mes voisins, tourneront en permanence sur la route avec leurs engins monstrueux sortis du dernier SITEVI ? Car évidemment il ne sera plus question pour eux de perdre désormais un centimètre de terrain. L’éternelle dispute sur les rendements se résoudra pour les plantations nouvelles par le choix de la population la plus basse à l’hectare ce qui ne sera pas un atout pour le renforcement de la qualité.

**Il y a un VRAI problème, comme ils disent à la Télé quand ils savent pas quoi répondre.**

Rassurons-nous, on peut parier que la contestation qui s’élève déjà et réclame des tolérances aussi particulières que compliquées selon les terroirs, obtiendra partiellement satisfaction par le biais de dérogations ciblées et autres tortueuses dispositions dont nos têtes pensantes ont le secret. Élections obligent…

Alexandre de Tocqueville, je crois me souvenir, écrivait il y a deux siècles quelque chose comme « Les français se donnent des lois exigeantes à l’excès dont l’application se révèle toujours particulièrement molle ».

Il aurait pu ajouter qu’ils se justifient volontiers de leurs renoncements par l’invention de nouveaux pensums administratifs. VIGNERONS A VOS PLUMES ! Je gage qu’il faudra remplir énormément de nouveaux formulaires…

 
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