Vin et philosophie pour la 5ème édition du festival Philosophia

## Le 5ème festival Philosophia a transformé Saint-Emilion en un vaste lieu d’échange, de découverte et de réflexion ce week-end.

Pendant trois jours, des conférenciers, des philosophes, des scientifiques mais aussi des architectes, des géographes et des artistes ont proposé des pistes de réflexion et répondu aux questions du public au cours de différents ateliers, conférences et débats sur le thème du Temps.

Ce festival se déroulant à Saint-Emilion, le vin y a trouvé sa place, notamment lors de deux conférences.

Samedi matin, Corinne Lefort, historienne de la vigne et du vin et journaliste à « La Revue du Vin de France » et Pascal-Henri Keller, professeur de psychopathologie à l’Université de Poitiers et psychanalyste, ont tenté de répondre à la question: « Vins, humains, est-il bon de vieillir? ».

Pascal-Henri Keller a rapidement mis en exergue la problématique: « Alors que les humains veulent rester jeunes de plus en plus vieux, les vins restent vieux de plus en plus jeunes. » En effet, il constate que « le vin se plie à de nouvelles exigences pour pouvoir être consommé plus rapidement ».

Comme les humains qui créent de plus en plus d’artifices (crème anti-âge, soins pour la peau…) afin de rester jeunes plus longtemps, le vin reçoit des artifices comme les copeaux de bois pour vieillir tout en restant jeune.

**Dans une société où l’individu veut vivre plus longtemps et profiter, le vin doit se plier aux exigences d’être accessible et consommable là, maintenant, tout de suite.**

Corinne Lefort a appuyé ce fait avec un chiffe révélateur: « 80% des vins sont consommés un mois après leur achat ». Autant dire que celui-ci n’a guère le temps de vieillir.

Pourquoi ne pas acheter des vins déjà vieux alors? Le budget n’est tout de suite pas le même. « 80% des grands crus sont bus à l’étranger. », a précisé Corinne Lefort.

Les grandes surfaces ont bien compris que proposer des vins jeunes et donc beaucoup moins chers répondait aux attentes de la majorité des consommateurs et était donc plus profitable. Et si les grandes surfaces en ont décidé ainsi, les viticulteurs peuvent-ils faire autrement? Vieillir est donc, en quelques sortes, devenu un privilège pour un vin.

Dans l’église de Saint-Laurent des Combes, ce sont Véronique Lemoine, ingénieur agronome, Sandrine Lavaud, docteur en géographie historique et Pierre Mora, enseignant marketing, qui ont animé une conférence sur le thème: « Le Temps de la vigne, temps du vin, temps des hommes. »

Cette conférence a été l’occasion de différencier les différents temps liés au vin (celui de la constitution des terroirs et de leur réputation par exemple) et mettre en avant le rôle moteur de la Garonne dans la naissance et le développement des vignobles de la région.

En effet, Sandrine Levaud a rappelé que le vin naissait en même temps que l’écriture et les villes, en précisant: « La Garonne a joué un rôle décisif, bien plus que la notion agronomique terroir, car le vin a pu trouver une issue commerciale. »

Source: Sud-Ouest

 

mai 30, 2011

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