Vins de Bordeaux: quand la tradition sert aussi les impératifs économiques

BORDEAUX —  »Les grands maîtres des commanderies de Bordeaux (sud-ouest) à travers le monde, en toges pourpres et rouges, ont participé dimanche à la traditionnelle fête du saint-patron des vignerons, dans un rituel qui sert aussi les impératifs économiques de la filière.

Temps fort dans le monde viticole, la Saint-Vincent s’apparente à une fête folklorique: toques et robes de velours couleur vin, une cinquantaine de commandeurs en grande tenue défilent en cortège ordonné. De la cour de l’Hôtel de ville de Bordeaux jusqu’au pied de l’autel de la cathédrale Saint-André, ils portent à bout de bras un tonneau contenant le vin nouveau.

Là, pendant une cérémonie religieuse, la dernière récolte est bénie par l’archevêque de Bordeaux.  »C’est la demande d’une protection de Dieu pour l’année qui vient », a commenté, à la sortie de la messe, Mgr Jean-Pierre Ricard,  »pour tous ceux qui vivent bien du vin et tous ceux pour qui les moments sont plus difficiles et qui vivent une crise à la fois économique et humaine ».

 »Ce rituel est très important parce que nous sommes à la croisée entre le moment de la récolte et la mise sur le marché », explique à l’AFP Sylvie Cazes, présidente de l’Union des grands crus.  »C’est une façon de mettre cette nouvelle récolte sur la route et de lui souhaiter bon vent », dit-elle.

Cette année, les treize ambassadeurs des vins de Bordeaux à l’étranger, venus pour un séminaire de travail, s’étaient joints à la procession de la Saint-Vincent, à l’invitation de la Commanderie du Bontemps, l’une des deux plus importantes et anciennes confréries bordelaises avec la Jurade de Saint-Emilion.

En Amérique du Nord, en Afrique, en Asie ou en Europe de l’Est,  »les grands maîtres territoriaux portent haut et fort les couleurs de Bordeaux et sont totalement dévoués corps et âme à la région viticole bordelaise dans un contexte difficile », déclare à l’AFP Emmanuel Cruse, qui préside à la fois la Commanderie du Bontemps et le grand conseil de Bordeaux réunissant toutes les confréries.

Chef d’entreprise, restaurateur ou homme d’affaires à la retraite, ce sont tous des amateurs, qui organisent dans leur pays des manifestations ou festivités autour des vins de bordeaux. Un  »maillage qui permet d’avoir des forces vives sur chacun des marchés », souligne Sylvie Cazes.

La Saint-Vincent, qui se fête le 22 janvier, réunit tous les métiers de la vigne, des chais et des cuviers. Ils étaient près de 650 des appellations Médoc, Graves, Sauternes et Barsac pour une dégustation géante accompagnée de nouvelles intronisations.

Alors qu’un quart des viticulteurs bordelais travaillent à perte,  »la tradition permet d’unir tous ces gens entre eux », ajoute Mme Cazes,  »on n’est plus dans un domaine uniquement commercial ou marketing, ce n’est pas seulement un produit, une bouteille, une étiquette, c’est tout ce qu’il y a derrière le terroir, toutes ces traditions, toute notre histoire ».

Les ambassadeurs du bordelais ne cachent pas leur fascination pour cette tradition.

 »Ca n’existe pas chez nous », souligne Wilson Kwok, qui représente la Chine,  »j’aime bien la tradition, c’est convivial, c’est une promotion collective importante car les grands crus sont déjà reconnus chez nous mais il y a aussi les petits vins à faire connaître ».

 »La tradition et l’histoire font partie de l’élégance et de la beauté des bordeaux », se félicite aussi Angus Smith, grand maître des Etats-Unis, intronisé dimanche commandeur d’honneur du Bontemps. »

Source AFP (article écrit par Chantal VALERY)

 

jan 17, 2011

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