Comment parler du vin à la télévision à une heure de grande écoute

Il ne vous aura pas échappé que nous vivons dans un pays totalitaire où sévit la plus terrible des censures : la terreur morale.

On pourrait s’insurger (ou essayer). Il ne faut pas. L’astuce, la roublardise de nos journalistes, metteurs en scène, producteurs de télévision peut atteindre au sublime quand elle se met en tête de braver les diktats et les interdits. C’est jubilatoire.

Jugez plutôt. La télévision en particulier n’osait plus traiter d’un sujet comme le vin de peur d’être immédiatement poursuivie par nos ayatollahs de service.

Eh bien, pas plus tard que la semaine dernière, France 3 nous a régalé en prime-time de quatre vingt dix minutes de promenade dans de magnifiques vignobles et de superbes chais, assortie de dégustation de moult flacons (avec claquements de langue voluptueux), de propriétaires au visage rubicond de biberonneurs invétérés, d’œnologues joyeux et prospères (à en juger par la qualité élevée de leurs véhicules), les fesses confortablement calées sur des barriques bien pansues.

On nous a tout dit : le prix faramineux des bouteilles issues d’un terroir qui produit et vaut de l’or. On nous a fait pénétrer si profondément dans cet eldorado que nous en sommes ressortis en nous frottant les yeux, aussi éblouis que si nous avions contemplé tous les lingots de Fort Knox et les diamants de Bokassa.

Bravo à Madame Saporta par la grâce de qui une telle publicité pour le vin de Bordeaux, a pu voir le jour.

Naturellement pour tromper la censure Madame Saporta a été obligée de faire semblant de nous faire avaler quelques couleuvres comme de prétendre que nos plus valeureux collègues étaient majoritairement magouilleurs, mafieux et probablement meurtriers.

Evidemment personne n’a été dupe. D’ailleurs Madame Saporta avait pris bien soin de forcer tellement le trait, de brandir des accusations si grossières qu’aucun spectateur doté de jugeote n’a pu tomber dans le panneau.

Et puis, comme disait le bon roi Henri IV, « le bon vin vaut bien une bouse » quand bien même elle serait de vache.

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