Un Bilan délicat 20 ans après le vote de la loi Evin

La Loi Evin 20 ans après : mission accomplie ? C'est le thème qui a été choisi par l'association "Vin et Société" initiant le colloque du 29 novembre dernier à l'assemblée nationale.

Depuis son vote, cette loi n'a cessé de s'attirer les foudres du monde viti-vinicole, mardi dernier lors du bilan bon nombre d'élus s'interrogeait sur l'efficacité et les bienfaits de cette loi.

Le débat est allé loin en aboutissant à la question : Faut-il modifier ou réécrire la Loi Evin ? Enfin pensent certains...

Son efficacité dans le registre du tabac n'a pas été remise en question pour autant mais cette Loi est dite bien trop globalisante et trop difficilement interprétable.

Pour ceux qui ne l'auraient pas encore assez lu, cette loi s'applique aussi au secteur du vin, toute une part de l'économie française (et non des moins importantes) en dépend. Lors du colloque, les principaux acteurs en viennent à présenter les effets néfastes de la Loi ; bien qu'ayant permis de baisser largement la consommation de vin chez les consommateurs français, elle a entrainé la chute de bon nombre de professions liées au secteur viti-vinicole. Tempête sur la loi Evin, on y rattache aussi le phénomène du Binge Drinking, principe selon lequel les actuels jeunes ne boivent plus par plaisir et modérément mais rapidement et à outrance (" Biture expresse ").

"si c'était à refaire, je ne revoterais pas la loi Evin" !

Le témoignage de François PATRIAT, ancien ministre de l'agriculture et sénateur de Côte-d'Or, souligne le malaise : "Je plaide coupable, puisque j'ai voté cette loi. A l'époque, il s'agissait de publicité, et voilà que toutes les formes de communication y sont mêlées. La loi Evin a fonctionné sur le tabac, mais pas pour le vin. Pour moi, dans ce domaine, elle est une mauvaise réponse. Je le dis : si c'était à refaire, je ne revoterais pas la loi Evin ! Et s'il le faut, moi je suis prêt à ré-ouvrir le texte de loi"

Cet ancien ministre fait un véritable mea culpa et le message est clair, il expose la réalité que subissent les vignerons de l'hexagone, non sans déranger la plupart des autres intervenants. François Patriat s'est exprimé avec "justesse" et "courage" selon Daniel-Etienne DEFAIX, vigneron à Chablis, père fondateur de l’Oenotourisme mais aussi Maître Restaurateur certifié Cuisineries Gourmandes, lui aussi interviendra pour l'en remercier.

" Je ne suis guère étonné de ce grand mea culpa de François Patriat ! C’est un homme juste, responsable de ses paroles et même de ses erreurs comme il vient de le prouver, c’est tout à son honneur ! Bravo pour ce courage Monsieur PATRIAT ! La bêtise aurait été de persévérer sur un chemin purement idéologique dont il ne fût d’ailleurs qu’une passerelle, mais lui le Bourguignon de terrain connaît les dégâts de la loi Evin même sur des appellations aussi prestigieuses que celles de sa Bourgogne ! "

Cet échange très intéressant et révélateur entre un vigneron et un élu dévoile des problèmes importants dans l'application de la loi Evin. A quoi va mener ce grand ras-le-bol des vignerons ? 20 ans après le vote de cette loi, le bilan dressé mardi dernier est bien sombre. Le monde viti-vinicole peut-il s'attendre pour autant à des changements dans un futur proche ?... Je vous laisse répondre à cette question...

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