Qu’est-ce-qu’un cépage interdit ?

Ils s’appellent noah, clinton, herbemont, isabelle, jacquez ou encore othello. Ces noms ne vous disent rien ?

C’est pourtant grâce à ces cépages que lors de l’invasion d’un insecte redoutable, le phylloxera, entre 1865 et 1885, nos vignes européenne ou Vitis vinifera ont survécu. Ces cépages, aussi appelés hybrides producteurs directs sont issus du croisement entre vigne européenne et vigne américaine qu’on appelle aussi Vitis labrusca ou Vitis riparia.

Lors de l’invasion du phylloxera, les vignes européennes se sont révélées très vulnérables contrairement à leurs cousines américaine qui montraient une réelle résistance. Les viticulteurs se sont donc résolus à croiser ces deux types de vignes afin de pouvoir continuer à cultiver leurs cépages européens de qualité sans avoir à craindre le phylloxera. Les cépages hybrides étaient nés.

Triste destin cependant pour eux car leur résistance qui avaient été à l’origine de leur création s’avéra aussi être l’origine de leur perte quelques années plus tard. Ces cépages étaient en effet beaucoup plus productifs d’où, en 1930, l’apparition d’une situation de surproduction en France.

Ceux qui avaient étaient considérés comme des sauveurs 50 ans plus tôt étaient maintenant devenus des indésirables responsables de la surproduction.

De cépages miracles, ils sont soudainement devenus « des cépages inférieurs au goût détestable » dont la réputation fut rapidement salie par des rumeurs et des légendes plus ou moins crédibles…

Ainsi, le Noah devint « le vin qui rend fou et aveugle » et pour des raisons sanitaires dues au taux de méthanol considéré comme supérieur dans les vins issus de ces cépages, tous ces vins furent classés comme impropres à la consommation. En 1935 l’interdiction d’offrir, de vendre, de transporter ou de planter ces cépages était énoncée.

Aujourd’hui, bien qu’ayant gardé leur surnom, ces cépages ne sont plus interdits, mais cela ne leur procure pas plus de succès pour autant. Leur réputation entachée et douteuse en fait encore des mal-aimés car ils ne sont pas vraiment en accord avec l’image de prestige à laquelle tend à s’associer le vin français.

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4 commentaires sur cet article

Vins Perret

le 25/01/14 à 11:18

Un article intéressant pour continuer la lecture avec une analyse de la loi du 24 décembre 1934 sur la mise en place des "vins interdits" : https://association.fruits.oublies.pagesperso-orange.fr/contrib/cepagesinterdits/cepint01.html

Nicolas de https://www.vins-perret.fr
VITIS

le 29/12/12 à 10:04

Le Noah reste toujours interdit (voir le règlement européen) comme d'ailleurs le sont les cinq autres du même groupe.

Raymond GROENINGER
https://www.lescepages.fr
CélineP

le 14/06/11 à 16:16

bon à savoir !
Jean-ed

le 11/06/11 à 21:01

Et encore quelque chose d'appris. A quand la suite
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