L'oenotourisme pour les nuls.

Je reviens d’un séminaire consacré à l’oenotourisme. Eh, bien c’est épatant : on y apprend que des régions viticoles entières absolument sinistrées, connaissent grâce à l’oenotourisme une prospérité impensable encore quelques années auparavant et, plus sidérant, dans le cas de certaines d’entre elles, totalement imméritée. Naturellement tout ceci ne se passe pas en France, du moins pas encore.

En effet, pourquoi ne pas suivre un si bel exemple qui a permis sous d’autres latitudes à des viticulteurs négligents exploitant un terroir médiocre, de fourguer des vins dégueulasses à un tas de jobards prétentieux (et pleins aux as).

Attention : les experts sont formels, pour réussir dans l’oenotourisme il faut respecter à la lettre un certain nombre de conditions :

1- Avoir une cave construite par Riccardo Bofil ( on peut à la rigueur accepter Pei ou Renzo Piano)
2- Recevoir dans un château genre Vougeot ou Margaux MAIS doté d’une aire d’atterrissage pour hélicoptères de VIP’s.
3- Ouvrir une boutique offrant une gamme étendue d’articles un peu rigolos déclinant votre marque (allant par exemple du tablier de sommelier aux sex-toys).
4- Entretenir une escouade d’hôtesses recrutées au Crazy Horse .
5- Obtenir du maire de votre village qu’il débarrasse l’environnement de toutes les ordures semées par nos concitoyens dans les bois, chemins et bords de route.
6- Transformer tous les villages de l’appellation en Baux de Provence
7- Refaire les routes du département pour les relier directement à un aéroport international (si pas d’aéroport, en construire un d’urgence)
8- Faire disparaître toutes les constructions disgracieuses qui offenseraient le regard de l’oenotouriste (lignes à haute tension, château-d’eau etc…)
9- Habiller les autochtones en costume local 7 jours sur 7 (s’il n’en existe pas, demander à Karl Lagerfeld d’en dessiner un)
10- Prétendre que vous ne vous éclairez qu’à la bougie et ne vous déplacez qu’à cheval (écologie oblige).

Programme impossible à réaliser dans notre petit pays fier de ses particularités (la désormais célèbre « exception française), me direz-vous. Je crains que vous ayez raison et c’est bien dommage parce que des viticulteurs négligents produisant des vins de qualité douteuse à partir de terroirs médiocres, il nous en reste encore quelques uns.

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"oenotouriste" régulier

le 04/05/12 à 10:44

Je me suis rendu deux fois aux Etats-Unis dans la Sonoma pour visiter des vignobles et goûter leurs vins. Je ne suis pas un fervent défenseur des américains mais il faut bien reconnaître que dans ce domaine nous avons beaucoup à apprendre. L'organisation, l’accueil, les services proposés mettent en valeur de manière efficace leurs vins et leur régions. Ce n'est malheureusement pas assez souvent le cas en France.
GUS

le 31/01/11 à 10:45

commentaires pertinents Dyonisos, sarcastiques! mais c'est exactement ce que les visiteurs veulent trouver lors des visites dans notre région. ce sera toujours mieux que des chateaux fermés et des villages moribonds. il n'y a qu'à se promener sur la D2 en ce moment, sans prosac ou un verre de vin c'est l'invitation au suicide assurée!
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