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Producteur

Château La Tour Carnet

France, Bordeaux
Appellation : Haut-médoc
Adresse

Château La Tour Carnet

Route de Beychevelle
Saint Laurent Médoc

Tél. : 05 56 73 30 90
www.latour-carnet.com
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Le mot du producteur

Bernard Magrez
Bienvenue sur l'espace du Château La Tour Carnet
"Le vin m'a tout donné. Il m'a appris la patience et la recherche de l'excellence. J'ai voulu que chacun de mes vignobles s'inscrivent dans le beau et le rare. Une échappée dans le rêve, une promesse de plaisir et d'émotion. J'ai voulu encore que mes vins demeurent les dépositaires de l'histoire. A leurs charmes et leurs mystères je resterai l'obligé."

Présentation

Château La Tour Carnet Grand Cru Classé 1855

Sur la route de Saint-Julien et Beychevelle, à un jet d’arbalète de son église, l’imposante tour quadrangulaire du château La Tour Carnet s’élève dans l’axe d’une grille monumentale. Si les épais murs d’enceinte pouvaient parler, ils nous conteraient tout le passé chargé d’histoires de cet authentique château féodal. Ils réveilleraient au XIIe siècle le galop des chevaliers sur le pont levis, au XVIIe siècle retentirait le « tambour avec des baguettes, dont on faisait usage dans le temps de la maturité de la vendange pour en éloigner les loups et les sangliers », tandis que défileraient au XIXe siècle les heures de gloire du « classement de 1855 » puis les heures sombres du Phylloxéra, avant le beau regain viticole du XXe siècle.

Des racines médiévales

Ses origines se perdent dans la nuit des temps. D’abord appelé Château de Saint-Laurent, cette ancienne forteresse médiévale perchée sur les plus beaux coteaux du Médoc fut utilisée par les Anglais contre la chevalerie française, et habitée dès le XIIe siècle. L’architecture du château (la fameuse tour ronde est construite au XIème siècle), de type défensif, évoque la période troublée de la guerre de Cent ans. Néanmoins le commerce des vins médocains était alors florissant et les vins du château Saint-Laurent particulièrement appréciés : en 1407, un « hogsead » de vin de ce dernier, soit environ 240 litres, se vendait 36 écus, contre quelque 6 écus pour un vin de Graves. À cette époque, « tout vin de châtelain étant tenu pour vin de qualité, il fallut placer un château au centre du domaine viticole ». Carnet avait le sien depuis deux siècles.
Au XIIIe siècle, la Maison de Foix, inféodée au roi d’Angleterre, possédait la seigneurie de Saint-Laurent. Et quand Bordeaux, en 1451, capitule devant le roi de France, le Comte Jean de Foix et son fidèle écuyer Carnet, refusent de se soumettre. Leur fidélité au roi d’Angleterre leur vaudra de multiples avatars, ponctués d’épisodes guerriers.
En 1486, Carnet devenu exécuteur testamentaire de son maître Jean de Foix, mort un an auparavant, refuse toujours de se rallier au roi de France. Combattant aux côtés des Anglais qui vendangeaient alors en Aquitaine, il soutint un long siège dans son château. Il est vaincu par le « Beau Dunois », compagnon de Jeanne d’Arc. Le château est partiellement détruit sur ordre du roi de France. Mais le nom du vaillant écuyer est resté.
Au fil des siècles, le domaine connaît une succession de propriétaires, parmi lesquels au XVIème siècle, le beau-frère de Montaigne, Thibault de Carmaing.

Au coeur de la révolution du vignoble médocain

De 1500 à la Révolution, la Tour Carnet va évoluer dans une époque de profonde mutation du vignoble. Sous l’impulsion de l’importance croissante des membres du Parlement institué par Louis XI, il se crée une aristocratie de robe davantage intéressée par les terres que par le négoce. Cette activité passe progressivement entre les mains de courtiers venus du Nord de l’Europe, notamment des Pays-Bas. Ils édifient leurs chais et entrepôts dans le quartier marécageux de la rive gauche de la Gironde, dans un faubourg dit des « Chartrons », du nom d’un ancien couvent des Chartreux.
A cette même époque, de savants maîtres de chais arrivent dans certains domaines, non seulement à conserver les vins mais également à les bonifier en les laissant vieillir. « S’il n’est pas encore question de « crus », les acheteurs commencent à « taster » avant de conclure. À La Tour Carnet, la propriété est toujours bien soignée. Dès 1725, privilégiant la qualité (fumure légère et taille courte) plutôt que la quantité, on y produit déjà un vin d’un « mérite nouveau ».
La révolution de 1789 épargnera le domaine qui est alors entre les mains d’un gentilhomme suédois, négociant des Chartrons, Charles de Luetkens. Une chance pour la propriété. Entre les mains d’une personnalité de nationalité étrangère, elle peut ainsi échapper aux lois révolutionnaires. D’autre part, entre les mains des Luetkens, La Tour Carnet acquiert durablement ses lettres de noblesse viticole.
Ses descendants, devenus français, auront à cœur de mettre en valeur l’immense potentiel de La Tour Carnet.
Le classement de 1855
C’est sous la houlette d’Angélique Raymond, épouse de Jean-Jacques Luetkens, que le château La Tour Carnet, pour la qualité de son vin, se verra récompensé en 1855, en figurant sur la liste des « Grands Crus Classés », à l’occasion de l’exposition universelle de Paris.
Si ce titre offre une garantie de qualité mais aussi une formidable publicité, il contraint désormais les propriétaires à une obligation de résultats pour garder le rang.
A cette époque, le vignoble de La Tour Carnet couvre 52 hectares.
En 1861, le fils d’Angélique, Charles-Oscar de Luetkens entre en possession du château. Personnalité de la vie politique locale (il fut maire de Saint-Laurent-de-Médoc sous le Second Empire et sous le gouvernement provisoire de la IIIe République naissante), il se révèle aussi un homme très influent dans le vignoble, reconnu par ses pairs comme un « viticulteur distingué ».
Progressivement détruit par le phylloxera, le vignoble connaît comme la plupart des autres grands crus classés une période d’éclipse. La valeur des propriétés s’amoindrit. Elles entrent dans les mains de sociétés d’investissement plus soucieuses de placements financiers que de qualité viticole.

Le renouveau des années 1960

Il faut attendre 1962, avant de revoir peu à peu la propriété quasiment à l’abandon renaître de ses cendres. Un nouveau propriétaire, Louis Lipschitz, armateur à Bordeaux (propriétaire d’une société de remorquage), entreprend de rénover, de reconstruire, de redorer ce grand cru classé.
D’une part il s’attaque à la replantation des parcelles abandonnées, d’autre part à la restauration du château et la rénovation des bâtiments d’exploitation.
Il précède ainsi de dix ans le mouvement général de rénovation des vignobles.
Dès 1978, sa fille Marie-Claire Pelegrin poursuivit son oeuvre avec la même assiduité.
« Mon père, dit-elle joliment, m’avait laissé un diamant qu’il n’avait pas fini de tailler » : le vignoble est reconstitué avec une superficie portée à 45 hectares, les bâtiments réhabilités, agrandis et modernisés. Son mari, Guy François, inventif, imagine une table de tri rotative et un enjambeur à chenilles dont les prototypes sont conservés au château. La propriété retrouve ainsi les fastes des années de son classement de 1855.

Une qualité à nouveau consacrée

Dans ce sillage qualitatif, Bernard Magrez a d’ores et déjà entrepris un programme de restauration et de rénovation. Il s’agit de hisser La Tour Carnet, d’une superficie totale de 126 hectares, non seulement au niveau d’excellence reconnu aux grandes heures de ses huit siècles d’existence, mais aussi d’exalter l’un des terroirs les plus originaux du Médoc par toute les connaissances et techniques d’aujourd’hui. Afin de continuer, pour selon les termes de sa précédente propriétaire des lieux, Marie-Claire Pèlegrin, de tailler ce diamant...